| utilitarisme | Format lecture | ||||
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| 2. | L'œuvre de Paley et Bentham |
On doit la formulation la plus caractéristique de l'utilitarisme au théologien britannique William Paley dans ses Principes de morale et de philosophie politique (1785) et au juriste et philosophe britannique Jeremy Bentham dans ses Principes de morale et de législation (1789). Dans l'œuvre de Paley, l'utilitarisme se mêle à la fois à l'hédonisme individualiste et à l'autoritarisme théologique, comme en témoigne sa définition de la vertu : « faire du bien au genre humain, dans le respect de la volonté divine et pour l'amour du bonheur éternel ». Bentham fonda sur la théorie utilitariste non seulement son système éthique mais aussi ses réformes légales et politiques. Il prônait la nécessité de sacrifier les plus petits intérêts aux plus grands ou, en tout cas, de ne pas sacrifier les plus grands intérêts aux plus petits, et fit, de l'idée du « plus grand bonheur pour le plus grand nombre », la fin ultime de la société humaine.
Bentham tenta d'illustrer la doctrine de l'utilitarisme en la comparant à l'ascétisme d'une part et à la théorie de la sympathie et de l'antipathie d'autre part. À ses yeux, l'ascétisme consiste en un renoncement au plaisir et en l'acceptation d'une souffrance gratuite. Quant à la théorie de la sympathie et de l'antipathie, il la fondait sur le « principe qui approuve ou désapprouve certaines actions, non pas en raison de leur tendance à accroître le bonheur, ni même en raison de leur tendance à diminuer le bonheur de l'intéressé mais uniquement parce qu'un homme se trouve disposé à les approuver ou désapprouver, soutenant que l'approbation et la désapprobation sont des raisons qui se suffisent à elles-mêmes et niant la nécessité de chercher quelque raison extrinsèque ». Cependant, dans son exposé de l'utilitarisme, Bentham postulait « quatre sanctions ou sources de plaisir et de douleur », à savoir les sanctions physique, morale, religieuse et politique. La sanction physique était pour lui le fondement de toutes les autres. Il conçut de plus une échelle des plaisirs et des peines.