| afro-américaine, musique | Format lecture | ||||
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| 2. | Le negro spiritual |
Faite de chansons de travail et de complaintes, la musique afro-américaine représentait à ses débuts une forme de résistance aux conditions de l'esclavage et à la menace de déculturation. Elle servait également de cadre aux prières collectives et permettait de communiquer clandestinement, notamment pour organiser des évasions. Un grand nombre de chansons étaient structurées selon la formule question-réponse, typique de la musique africaine : un chanteur lançait la mélodie, et les autres reprenaient en chœur le refrain.
Ce modèle se retrouve dans le negro spiritual, apparu plus tard au contact de la religion protestante et qui se caractérise par une grande liberté d'improvisation à partir d'une ligne mélodique, liberté qui se retrouve dans le blues, type de chanson profane plus récent, interprété par un chanteur soliste. La percussion polyrythmique provient également de la musique africaine, dont les rythmes binaires et ternaires mêlés sont devenus l'une des caractéristiques principales du jazz.
De caractère sacré, les spirituals étaient omniprésents au début du XIXe siècle. Comme la musique profane (chansons de travail, appels, etc.), ils étaient interprétés a capella, alors que certains chants étaient accompagnés d'instruments, notamment de percussions et de banjo. Plus tard, on employa également la flûte, le violon et la guitare. Au XIXe siècle, guitaristes, violonistes et joueurs de banjo s'unissaient pour former des orchestres de danse interprétant à la fois de la musique afro-américaine et de la danse européenne : on dansait la gigue, le reels, le buck-and-wing, le cotillon, les quadrilles. Ces orchestres utilisèrent également des instruments fabriqués à partir de bassines (les gutbuckets, sorte de violon basse) ou de cruches.