| jazz (musique) | Format lecture | ||||
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| 10. | Le jazz-rock (les années soixante-dix) |
Avec les disques In A Silent Way (1969) et Bitches Brew (1969), Miles Davis, toujours en avance sur la mode, invente le jazz-rock (appellation européenne), ou « fusion » (dénomination américaine), en s’inspirant de la musique pop à laquelle il emprunte les rythmes binaires ; il en adopte (et adapte) également les innovations électriques et électroniques en compagnie de jeunes musiciens britanniques, dont le guitariste John McLaughlin et le contrebassiste Dave Holland, auxquels s’ajoute le claviériste d’origine autrichienne Joe Zawinul, qui forme Weather Report en 1970 avec Wayne Shorter.
De nombreuses formations groupes se font et se défont : ainsi le Return for Ever du pianiste Chick Corea, le Mahavishnu Orchestra de McLaughlin auquel participe le violoniste Jean-Luc Ponty, qui rejoint ensuite l’inclassable Frank Zappa. Herbie Hancock et ses Headhunters oscillent entre jazz et funk et vend des millions de disques. Dans cette mouvance se trouvent le vibraphoniste Gary Burton, le guitariste Larry Coryell, le bassiste Stanley Clarke et les batteurs Billy Cobham et Tony Williams. À New York, des musiciens-artistes évoluant dans la sphère du free jazz se regroupent dans des lofts pour un nouveau mode de production et de consommation ; le saxophoniste Sam Rivers est la figure emblématique de cette « loft generation ». En Europe, les groupes Cream, Soft Machine, Nucleus ou encore Magma, fondé par le batteur Christian Vander, et Zao, dans lequel figure le violoniste Didier Lockwood, pratiquent une musique à mi-chemin entre rythmes rock et digressions jazz.
En France, les festivals se multiplient et certains, tel celui de Châteauvallon, se transforment en lieux de rencontres et d’expérimentations qui apportent un nouveau souffle au jazz : le saxophoniste Michel Portal et son Unit, le Workshop de Lyon, les formations du contrebassiste Didier Levallet.
Stan Getz fait appel à une rythmique européenne (l’organiste Eddy Louiss, le guitariste belge René Thomas, le batteur Bernard Lubat) et son confrère Phil Woods se produit avec son European Rhythm Machine composé par le pianiste Gordon Beck, le contrebassiste Henri Texier et le batteur Daniel Humair.