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Jazz cool, West Coast et hard bop (les années cinquante) |
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Le jazz cool |
Une nouvelle facette du jazz voit le jour à la fin des années quarante lorsque Miles Davis, en rupture avec le quintette de Charlie Parker, enregistre Birth of the Cool (1949) en nonette, sur des arrangements de Gil Evans et aux côtés du saxophoniste alto Lee Konitz. En alternative à l’expressionnisme du be-bop, l’esthétique adoptée accorde la primauté à une couleur sonore feutrée exempte de tout vibrato dans une atmosphère aux rythmes plus souples et détendus (cool, d’où le nom donné à ce style). S’apparentent à ce courant des saxophonistes revendiquant l’héritage de Lester Young (« père spirituel » du jazz cool) tels que Warne Marsh et les fameux Four Brothers (« quatre frères ») de l’orchestre de Woody Herman : Stan Getz, Zoot Sims, Al Cohn et Jimmy Giuffre. Le pianiste Lennie Tristano occupe une place déterminante dans l’évolution du jazz post-bop, puisqu’il est l’un des précurseurs du cool et anticipe le free jazz de la décennie suivante.
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Le jazz West Coast (1952-1958) |
Le jazz West Coast (« jazz de la côte ouest des États-Unis ») apparaît en 1952 grâce à des musiciens sortis des rangs de l’orchestre « moderniste » de Stan Kenton ; blancs pour la plupart et d’une exceptionnelle compétence musicale (à l’instar du saxophoniste Art Pepper), ils ont pour chef de file le trompettiste Shorty Rodgers et se rencontrent au club Lighthouse d’Hermosa Beach ou dans les studios d’enregistrement. Leur jazz très diversifié s’ouvre à de multiples influences en recourant à des instruments jusqu’alors inutilisés. Deux quartettes particulièrement influents symbolisent ce courant : celui de Gerry Mulligan dans lequel évolue le trompettiste Chet Baker et celui du pianiste Dave Brubeck avec le saxophoniste alto Paul Desmond.
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Le hard bop |
Parallèlement, à New York, des musiciens originaires de Detroit ou de Philadelphie pour certains proposent une nouvelle version du be-bop — moins sophistiquée et plus populaire — aux harmonies empruntées au blues et au gospel, et invoquent un retour à un expressionnisme moins intellectualisé, curieusement dénommé hard bop (ou « bop dur »). Les Jazz Messengers du batteur Art Blakey — le pianiste Horace Silver, et le trompettiste Clifford Brown qui forme par la suite un quintette emblématique avec Sonny Rollins —, sont réunis à partir de 1954 et cristallisent l’essentiel des expérimentations sonores et musicales du hard bop.
À la même époque, le chanteur et pianiste Ray Charles, influencé à ses débuts par Nat King Cole, donne ses premières lettres de noblesse au rhythm and blues et à la musique soul. Le contrebassiste Charles Mingus présente son premier Jazz Workshop (littéralement « atelier de jazz »), une musique « en colère » qui annonce le free jazz, tandis que disparaissent Charlie Parker, Billie Holiday et Lester Young. En France, Sidney Bechet fait salle comble, Django Reinhartd a électrifié sa guitare et les Jazz Messengers font les beaux soirs du Club St-Germain à Paris.
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