jazz (musique)
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jazz (musique)
7. Le be-bop régénère le jazz (les années 1945-1950)
1. Charlie Parker et Dizzy Gillespie, figures de proue du be-bop

Les jeunes musiciens s’émancipent dans des orchestres qui leur permettent de survivre ; ainsi le saxophoniste Charlie Parker intègre-t-il la formation du chanteur Billy Eckstine en 1944 où il a comme partenaire le trompettiste Dizzy Gillespie. Après les concerts, ils se retrouvent dans un club d’Harlem, le Minton’s Playhouse, pour jeter les bases d’un nouveau style qui prend bientôt le nom de be-bop. Au gré de ces soirées, le batteur Kenny Clarke, le pianiste Thelonious Monk ou Charlie Christian montent sur scène et se lancent dans de fougueuses jam sessions (improvisations exécutées par des musiciens ne jouant pas habituellement ensemble), rejoints parfois par de grands solistes précurseurs comme Coleman Hawkins.

Le be-bop est caractérisé par la discontinuité de la ponctuation et l’élargissement des bases harmoniques, le tout interprété sur des tempos parfois très rapides. Le quintette formé par Dizzy Gillespie et Charlie Parker enregistre les premiers chefs-d’œuvre du be-bop en 1945, avant de partir pour la Californie. À New York, les clubs de jazz mettent les nouvelles vedettes à l’affiche : les trompettistes Miles Davis (engagé par Charlie Parker), Howard McGhee et Fats Navarro, les saxophonistes Dexter Gordon et Wardell Gray, le pianiste Bud Powell, le vibraphoniste Milt Jackson, le contrebassiste Ray Brown ou encore la chanteuse Sarah Vaughan. En 1944, Norman Granz organise le premier concert du Jazz at the Philharmonic. Dizzy Gillespie forme son premier grand orchestre be-bop enrichi d’apports afro-cubains deux ans plus tard.

2. Le New Orleans Revival

Parallèlement à cette déferlante be-bop, l’Amérique se penche sur son passé, redécouvre (notamment grâce au cinéaste Orson Welles) et accorde une nouvelle vie aux vétérans du style New Orleans — Jelly Roll Morton, Sidney Bechet et Kid Ory notamment renouent avec le succès) ; ce retour aux origines du jazz est baptisé New Orleans Revival (ou « renouveau du jazz New Orleans »). À Paris, le phénomène se développe à la Libération dans les caves de Saint-Germain-des-Prés avec les Lorientais de Claude Luter et la « trompinette » de Boris Vian. Toutefois, les innovations be-bop, jugées irrespectueuses, sont fraîchement accueillies et provoquent la querelle des « anciens et des modernes » dont témoigne le concert du Dizzy Gillespie Orchestra à Paris en 1948.