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Adderley, Julian « Cannonball »
1. Présentation

Adderley, Julian « Cannonball » (1928-1975), saxophoniste alto, chef d’orchestre et compositeur de jazz américain.

2. Les années de formation

Né à Tampa (Floride) d’un père cornettiste professionnel, Julian Edwin Adderley, dit « Cannonball » Adderley principalement en raison de sa vélocité (« cannonball » signifiant boulet de canon), mais également en raison de sa gloutonnerie (« cannibal ») remarquée par son ami de lycée Lonnie Haynes, étudie la trompette puis le saxophone dans le lycée de musique de Tallahassee. En 1948, il prend la direction de l’orchestre de la Dillard High School de Fort Lauderdale. À partir de 1950, il effectue son service militaire à Fort Knox avec ses camarades de promotion, le tromboniste Curtis Fuller et le pianiste Junior Mance. Tout en étudiant à la US Naval School of Music, il assume la direction de l’orchestre militaire de Fort Knox. De passage à New York en 1955, il rejoint le trio d’Oscar Pettiford sur la scène du Café Bohemia pour une prestation improvisée époustouflante, qui incite le label Savoy (voir labels de jazz) à le signer immédiatement.

3. De Charlie Parker à Miles Davis

Quelques mois après la mort brutale de Charlie Parker, le monde du jazz pense avoir trouvé en « Cannonball » Adderley son digne successeur tant l’imitation du style est parfaite. Avec Nat Adderley, son frère cornettiste, il forme en 1956 un quintette inspiré de celui de Charlie Parker et Dizzy Gillespie, et devient rapidement le plus célèbre des saxophonistes altos « post-parkeriens ». En octobre 1957, « Cannonball » Adderley rejoint Miles Davis avec qui il grave dans un premier temps sous son propre nom l’album Somethin’Else (1958), célèbre pour sa version « historique » d’« Autumn Leaves ». Puis, en tant que sideman (ou « musicien accompagnateur »), aux côtés de John Coltrane et de Bill Evans, il participe notamment à l’enregistrement des albums Milestones et Kind of Blue (1959) de Miles Davis.

4. « Cannonball » Adderley et le hard bop

En 1960, toujours en compagnie de son frère Nat, « Cannonball » Adderley propose un nouveau quintette, avec le pianiste Bobby Timmons, le contrebassiste Sam Jones et le batteur Louis Hayes. Cette nouvelle formation touche une considérable audience et obtient un important succès discographique avec l’album The Cannonball Adderley Quintet in San Francisco et des « tubes » tels que « This Here » (signé Bobby Timmons), « Sermonette » ou encore « Work Song ». Entre 1958 et 1961, il s’offre les services de quelques grands noms du piano : Hank Jones, Bill Evans, Wynton Kelly ou le Britannique Victor Feldman.

Empruntant non seulement à Charlie Parker mais également à Benny Carter et John Coltrane, le discours de « Cannonball » s’inscrit alors dans la mouvance hard bop, se distinguant par sa fluidité, sa vélocité et une superbe sonorité ronde et large, immédiatement identifiable ; l’ensemble étant soutenu par une suprême élégance dans la construction mélodique. Avec la contribution du Viennois Joe Zawinul (piano électrique) de 1961 à 1969, le groupe, auquel s’ajoute Yusef Lateef (saxophone ténor, flûte et hautbois), s’oriente vers un jazz pétri d’influences « bluesy » et « funky » et devient l’archétype du courant « soul ». « Mercy, Mercy, Mercy », une composition de Zawinul présente sur l’album Mercy, Mercy, Mercy! Live at « the Club » (1966), est le plus gros succès du groupe, tant au niveau de la qualité musicale qu’à celui des ventes de disques.

5. Vers un jazz plus commercial

« Cannonball » Adderley collabore par la suite épisodiquement avec les chanteuses Nancy Wilson et Lou Rawls. Dans les années 1970, Zawinul est remplacé par George Duke et « Cannonball », l’un des premiers saxophonistes à électrifier son instrument, se met au soprano. Il signe en 1973 sur le label Fantasy pour quelques albums d’une facture plus commerciale.

« Cannonball » Adderley se produira dans des festivals au cours de tournées épuisantes (il est en effet diabétique) jusqu’à son décès en 1975, des suites d’une congestion cérébrale.