| déforestation | Format lecture | ||||
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| 1. | Présentation |
déforestation, destruction de la forêt sur de grandes superficies, pour d'autres usages du terrain.
La déforestation progresse au rythme de 17 millions d'ha environ par an (soit 170 000 km2, une superficie égale au tiers de celle de la France). Entre 1980 et 1990, le taux annuel de déforestation était de 1,2 p. 100 en Asie et dans la zone Pacifique, de 0,8 p. 100 en Amérique latine et de 0,7 p. 100 en Afrique. En Europe et en Amérique du Nord, l'étendue des forêts reste en général stable même si en Amérique du Nord le taux de remplacement des forêts primitives par d'autres formes de forêts est élevé et soulève une controverse.
Il convient de faire la différence entre déforestation et dégradation des forêts, cette dernière se manifestant par une atteinte à la qualité des milieux forestiers. Les deux phénomènes sont liés et sont la cause de problèmes divers : érosion des sols, déstabilisation du bassin hydrographique provoquant inondations ou sécheresse. Elles réduisent la biodiversité (diversité de l'habitat, des espèces et des types génétiques des animaux et des plantes), en particulier dans les forêts tropicales, qui abritent la majeure partie des espèces animales et végétales du globe. La culture et le savoir de nombreux peuples habitant les forêts se sont développés à travers les siècles en ménageant la forêt ; ces particularités diminuent au fur et à mesure que les zones forestières se réduisent, que l'accès à la forêt se limite et du fait que les gouvernements empiètent sur les droits traditionnels. La déforestation entame les moyens d'existence de 200 à 500 millions de personnes qui trouvent dans la forêt nourriture, abri et combustible. La déforestation et la dégradation risquent d'accentuer les déséquilibres climatiques régionaux et mondiaux. Les forêts constituent une réserve de carbone de toute première importance ; avec leur disparition, les quantités excessives de dioxyde de carbone dans l'atmosphère risquent de provoquer un réchauffement de la planète associé à de nombreux effets secondaires.
Alors que la déforestation pose désormais des problèmes, elle était considérée à l'origine comme une contribution au développement national. Le « capital » de forêts naturelles a été liquidé et remplacé par d'autres formes de capital pour produire de la nourriture, des matières premières, de l'énergie ou mettre en place des infrastructures.
Dans les régions tempérées, les terres agricoles ont été conquises sur les espaces forestiers en profitant de la fertilité de leur sol. En Europe continentale et en Amérique du Nord, sous l'effet de la pression démographique, des besoins des villes, de l'industrie et de la marine en bois d'œuvre et en combustibles, la déforestation s'est accélérée aux XVIIIe et XIXe siècles. Certains massifs montagneux ont, à cette époque, perdu leur parure forestière au bénéfice des prairies d'altitude destinées à l'élevage. Depuis, le dépeuplement des campagnes, les gains de productivité agricole, le recours à d'autres combustibles, la diversification des matériaux de construction ont réduit la déforestation ; des terres agricoles à l'abandon sont même retournées à la forêt. Couvrant tout juste 10 millions d'ha en 1900, les forêts et les bois français s'étendent aujourd'hui sur 15 millions d'ha, soit 28 p. 100 du territoire.
En général, les processus de déforestation sont plus destructeurs sous les tropiques. Dans ces régions, les sols forestiers sont bien moins fertiles que ceux des forêts tempérées ; mal structurés, ils sont facilement érodables. En effet, la matière organique se transforme très vite en raison de la chaleur tandis que l'abondance des précipitations lessive les nutriments du sol et empêche leur accumulation. Les politiques coloniales reposaient sur le postulat erroné que les forêts luxuriantes poussaient sur des sols fertiles. Elles avaient pour but la « conquête » des forêts essentiellement pour la plantation de cultures commerciales et pour l'agriculture ; elles ont laissé en héritage des sols presque stériles.
La déforestation tropicale s'est accrue rapidement après 1950, facilitée par l'utilisation des machines. Depuis, des populations toujours plus nombreuses ont également déboisé de façon brutale pour leur consommation personnelle, notamment de bois de chauffage. Dans cinquante-deux pays tropicaux, les taux annuels de déforestation ont presque doublé entre 1981 et 1990.