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Lloyd, Charles

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1

Présentation

Lloyd, Charles (1938- ) saxophoniste, flûtiste, chef d’orchestre et compositeur de jazz américain.

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Le quartette Lloyd, Jarrett, McBee, DeJohnette

Né à Memphis (Tennessee), Charles Lloyd apprend le saxophone en autodidacte dès l’âge de dix ans. Il prend ensuite des leçons et joue de l’alto dans les orchestres scolaires puis se produit dans des orchestres de rhythm and blues dont celui du guitariste et chanteur B. B. King. Il entre en 1956 à la University of Southern California où, passionné par la musique de Bach, de Bartok et de Charlie Parker, il étudie notamment la composition. Il obtient une licence en musicologie et enseigne ensuite avant de rejoindre l’orchestre de Gerald Wilson et d’entrer dans le quintette du batteur Chico Hamilton dont il devient le directeur musical. Il se consacre désormais au ténor et à la flûte. Il joue pendant une année dans le groupe de Cannonball Adderley avant de former en 1966 son premier quartette avec le pianiste Keith Jarrett, le contrebassiste Cecil McBee et le batteur Jack DeJohnette.

Le succès est foudroyant. Charles Lloyd devient rapidement une « idole ». Son public apprécie le chant superbement lyrique, sensuel et généreux de son saxophone, l’ampleur de son vibrato, ses compositions colorées (alliage de tradition et d’avant-garde, le free jazz), son attitude (est souvent évoquée sa mise en scène du corps), son intérêt pour la culture indienne et les philosophies orientales (mouvement hippie et flower power). En revanche, une partie de la critique n’entend en lui qu’un clone (voire « un clown ») de John Coltrane qui vient de disparaître.

Concerts et festivals se multiplient (Newport et Antibes en 1966, Monterey en 1967). Charles Lloyd est programmé au Fillmore Auditorium de San Francisco, haut lieu du rock ; il vend plus de deux millions d’albums (Dream Weaver, Forest Flower, Love-In) ; il se produit en URSS, premier groupe de jazz contemporain invité (1969)… Cependant, au bout de trois années, le quartette est dissous. Lloyd connaît des problèmes divers (perturbation liée au décès de sa mère, usage de drogues, santé vacillante). S’ensuivent une collaboration éphémère avec les Beach Boys, quelques musiques de films et disques médiocres. Aussi le public l’oublie…

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Une nouvelle carrière sous le label ECM

En 1981, Michel Petrucciani rend visite à Lloyd dans la campagne californienne où il vit en reclus. Le Français le persuade de reprendre sa carrière. Peu après, il enregistre en duo puis en quartette avec le jeune pianiste, retrouve le chemin des salles de concerts et festivals (Montreux 1982, A Night In Copenhagen avec le vocaliste Bobby McFerrin) ainsi qu’une maison de production (ECM), pour laquelle il enregistre notamment Fish Out Of Water (1989), Voices In The Night (1998), The Water Is Wide (considéré comme l’un des événements discographiques de l’année 2000), jusqu’à son dernier opus, Hyperion With Higgins (2001, dédié au batteur Billy Higgins, mort la même année). Il s’entoure d’excellents compagnons comme les pianistes Bobo Stenson (Suédois) ou Brad Mehldau, le guitariste John Abercrombie, le bassiste Larry Grenadier et le vétéran Billy Higgins (1936-2001) à la batterie.

Charles Lloyd a conservé une fraîcheur juvénile éclatante dans son phrasé mélodique, cette façon de « chanter » (le disque Canto, 1996) qui le caractérise.

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