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Carter, Benny

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Présentation

Carter, Benny (1907-2003), saxophoniste, trompettiste, tromboniste, pianiste, chanteur, arrangeur, compositeur et chef d’orchestre de jazz américain.

Musicien érudit — multi-instrumentiste et improvisateur — et arrangeur novateur, Benny Carter a traversé l’histoire du jazz, de la fin des années 1920 au début du xxie siècle : il a d’abord apporté une contribution significative au succès du swing et composé de nombreux standards, puis il a mis son talent et son expérience au service de jeunes musiciens, recevant enfin les honneurs pour une carrière entièrement dédiée à la promotion d’un jazz populaire.

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Benny Carter, promoteur du swing

Né à New York dans une famille de musiciens, Benny Carter (de son vrai nom Bennett Lester Carter) apprend le piano avec sa mère avant de se tourner rapidement vers le saxophone alto, qui deviendra son instrument privilégié. Dès l’âge de 15 ans, il se produit dans des clubs de Harlem. Il obtient son premier engagement professionnel en 1924 dans l’orchestre de June Clark, et joue par la suite avec Billy Paige, Lois Deppe, Earl Hines, Duke Ellington et Fletcher Henderson. En 1931, il devient directeur musical du McKinney’s Cotton Pickers et profite de cette période pour se remettre à la trompette, instrument fétiche de son enfance. Dès 1934, il écrit des arrangements pour Benny Goodman, mais également pour Duke Ellington ou Teddy Hill. Au cours de la première moitié des années 1930, Benny Carter donne ses lettres de noblesse au big band (ou « grand orchestre »), redéfinit la place et le rôle d’un solo dans une composition et participe, plus globalement, à l’heure de gloire du swing.

À partir de 1935, émigré en Europe dans le cadre d’une collaboration avec l’orchestre de Willie Lewis, Benny Carter se partage entre Paris et Londres. Il joue et enregistre à travers toute l’Europe (Grande-Bretagne, Pays-Bas et Scandinavie), officie comme arrangeur à la BBC ou comme chef d’orchestre, à Paris, au célèbre Bœuf sur le toit. Il contribue ainsi largement à l’avènement du jazz en Europe ; ses enregistrements avec le guitariste Django Reinhardt en 1938 figurent ainsi parmi les plus influents de l’époque.

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Un musicien aux multiples facettes : du be-bop à Hollywood

En 1938, Benny Carter est de retour à New York, où il conduit l’orchestre du Savoy Ballroom de Harlem (voir clubs de jazz). Il créé par la suite diverses formations plus modestes avec Dizzy Gillespie, Kenny Clarke, Shorty Rogers, Dexter Gordon ou encore Don Byas. En 1943, il s’installe en Californie et travaille avec des musiciens be-bop (Max Roach, J. J. Johnson, Art Pepper ou encore le jeune Miles Davis) tout en donnant des concerts au Billy Berg de Los Angeles.

À partir de 1946, il compose pour les chaînes de télévision et le cinéma. Il écrit notamment la bande originale du film les Neiges du Kilimandjaro (The Snows of Kilimandjaro, 1952) de Henry King, et collabore avec des réalisateurs comme John Cassavetes (Too Late Blues, 1962) et Sidney Poitier (Buck and the Preacher, 1972).

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La consécration

Après avoir beaucoup travaillé comme arrangeur et compositeur, Benny Carter part en tournée avec le Jazz at the Philharmonic de Norman Granz (en 1960, 1967 et 1975). Au cours des années 1970, il donne des conférences sur le jazz et dirige des ateliers de musique dans de prestigieuses universités (Princeton et Harvard). En outre, il enregistre de nombreux albums, en studio ou en concert : The King (1976), avec Milt Jackson, Tommy Flanagan et Joe Pass ; Live and Well in Japan (1977) ; Summer Serenade (1980) ; Central City Sketches (1987), avec l’American Jazz Orchestra ; My Man Benny, My Man Phil (1989), avec Phil Woods ; Harlem Renaissance (1992) ; ou encore Songbook (1995).

Admiré par ses pairs, mais également au-delà de l’univers du jazz, Benny Carter est reçu à la Maison-Blanche à plusieurs reprises (1978, 1984 et 1989), et son œuvre est célébrée en 1996 par le Lincoln Center Jazz Orchestra conduit par Wynton Marsalis.

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