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Argerich, Martha

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Présentation

Argerich, Martha (1941- ), pianiste argentine.

« Impétueuse », « sauvage » et « rebelle » sont autant d’épithètes souvent utilisés pour décrire la personnalité de Martha Argerich et sa manière d’aborder les œuvres du répertoire. Imprévisible, la pianiste revendique avant tout une liberté mise au service d’une pratique musicale exigeante.

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Des débuts fracassants

Née à Buenos Aires, Martha Argerich est la fille d’une diplomate mécène qui soutient en particulier les pianistes. Enfant prodige, elle donne ses premiers récitals à huit ans. Elle a d’abord pour professeur Vincenzo Scaramuzza. Elle s’installe en Europe avec sa famille en 1955 et étudie à Vienne avec Friedrich Gulda, à Genève avec Madeleine Lipatti (épouse du pianiste roumain Dinu Lipatti), Nikita Magaloff, et d’une manière plus erratique avec Arturo Benedetti Michelangeli.

En 1957, à l’âge de 16 ans, elle remporte les concours de Bolzano et de Genève. Ses interprétations rompent d’emblée avec les usages ; en 1960, son premier disque chez Deutsche Grammophon — elle y joue Frédéric Chopin, Johannes Brahms, Sergueï Prokofiev et Maurice Ravel — fait l’effet d’une « bombe musicale ».

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Une artiste exigeante, de nombreuses collaborations

Épouse du chef d’orchestre suisse Charles Dutoit, Martha Argerich interrompt provisoirement sa carrière entre 1960 et 1964 après la naissance de son premier enfant — elle épousera par la suite le pianiste britannique Stephen Bishop. Elle réapparaît en 1965 et remporte le prestigieux concours Chopin de Varsovie qui marque le vrai départ de sa carrière. Elle acquiert la célébrité en 1968 grâce à son enregistrement du Troisième Concerto pour piano de Prokofiev, sous la direction de Claudio Abbado.

Après une nouvelle interruption en 1973, Martha Argerich reprend, à partir de 1976, une activité plus régulière de concertiste. Elle revisite la musique de chambre avec le flûtiste James Galway, les violonistes Ivri Gitlis et Gidon Kremer, les pianistes Stephen Kovacevich, Alexandre Rabinovitch, Nelson Freire et Stephen Bishop (répertoire de piano à quatre mains ou pour deux pianos), et les violoncellistes Mischa Maisky et Mstislav Rostropovitch.

À partir de 1983, elle refuse de se produire seule en récital et se fait plus rare sur scène, privilégiant la musique de chambre. En 1999, dans le but de soutenir les jeunes artistes, elle préside le jury du premier Concours de piano international Martha-Argerich, à Buenos Aires, et donne la même année des concerts et des masterclasses au Festival Martha-Argerich, au Japon.

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Un style à la fois véloce et gracile

Interprète privilégiée de Jean-Sébastien Bach (Sonates pour violoncelle, Suite anglaise), Ludwig von Beethoven (Concertos pour piano, Sonates pour violon), Chopin (Concerto en mi mineur, Préludes), Franz Liszt (son interprétation de la Sonate en si mineur est une référence), Robert Schumann (Scènes d’enfants) et Igor Stravinski (Messe, les Noces), Martha Argerich fait montre d’un jeu pianistique ferme et passionné. Elle reconnaît elle-même que sa vélocité innée peut être un handicap : elle doit travailler pour ne pas jouer vite.

Toutefois, la clarté de son jeu et la pureté de ses sonorités en font aussi une interprète idéale de la musique de Claude Debussy ou Ravel (Gaspard de la nuit, la Sonatine, les Valses nobles et sentimentales).

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