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Présentation ; Naissance du free jazz ; Free jazz et remise en cause de schémas traditionnels ; Les principales figures du free jazz
free jazz, style musical né aux États-Unis dans les années 1960, parallèlement aux mouvements de contestation sociale, en réponse à une volonté d’innovation et de renouveau du jazz.
Si le mot free (« libre ») figure dans le vocabulaire du jazz dès 1949 avec les free forms in jazz (littéralement « formes libres dans le jazz ») du pianiste Lennie Tristano (les morceaux « Digression » et « Intuition », extraits de l’album Crosscurrents, en témoignent) ou les free improvisations (« improvisations libres ») du trio composé de Shorty Rogers (trompette), Jimmy Giuffre (clarinette) et Shelly Manne (batterie), c’est en 1961 que les idiomes « free » et « jazz » sont associés dans le titre-manifeste d’un disque du saxophoniste Ornette Coleman : Free Jazz. Des musiciens tels que l’arrangeur George Russell, le contrebassiste Charles Mingus ou le saxophoniste John Coltrane avaient cependant ouvert la voie quelques années auparavant à ce mouvement radical, considéré comme la deuxième révolution du jazz après le be-bop des années 1940.
Le free jazz procède d’une révolte esthétique et politique, puisque dans un contexte de troubles et de revendications de la communauté noire américaine, il s’affirme comme l’expression musicale du mouvement Black Power, ou « pouvoir noir ». Musicalement, le rejet des trames mélodiques et grilles harmoniques préétablies, du tempo régulier (issu du swing traditionnel), de la virtuosité « gratuite » et des techniques instrumentales dites « académiques » s’opère au bénéfice de l’affirmation de l’atonalité, ou tonalité libre (héritage du be-bop), et de la pratique de l’improvisation collective (non sans rappeler le style New Orleans). Le free jazz s’ouvre par ailleurs aux musiques ethniques, fasciné notamment par les cultures africaine, arabe et indienne. Enfin, le free jazz s’attache à rechercher des sonorités inédites, accordant la primauté à l’énergie physique et remettant en question le mot « jazz » lui-même, « inventé par et pour les Blancs » affirme le pianiste Cecil Taylor, figure emblématique de la New Thing (ou « nouvelle chose »), autre appellation du free jazz.
Parmi les musiciens les plus représentatifs du free jazz figurent les trompettistes Lester Bowie, Bill Dixon et Don Cherry, les saxophonistes Albert Ayler, Anthony Braxton, Marion Brown, Eric Dolphy, Steve Lacy, Dewey Redman, Pharoah Sanders, Archie Shepp ou encore Roland Kirk, le tromboniste George Lewis, le pianiste Paul Bley, les contrebassistes Gary Peacock et Barre Philips, les batteurs Sunny Murray et Clifford Jarvis, le Liberation Music Orchestra du contrebassiste Charlie Haden, le Sun Ra Arkestra, l’Art Ensemble of Chicago, etc. En Europe, les « défricheurs » du free jazz se nomment, en Allemagne, Globe Unity Orchestra, Peter Brötzmann (saxophone) ou Joachim Kühn (piano), en Grande-Bretagne, Derek Bailey (guitare), et en France, Bernard Vitet (trompette), Michel Portal, Louis Sclavis et André Jaume (saxophone), François Tusques (piano) ou encore le Workshop de Lyon.
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