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Charles, Ray

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Ray CharlesRay Charles
Plan de l'article
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Présentation

Charles, Ray (1930-2004), chanteur, pianiste, organiste, chef d’orchestre et compositeur de jazz américain.

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Un pionnier de la musique soul

Né à Albany (Géorgie), Ray Charles Robinson, dit Ray Charles, entre à l’âge de sept ans dans un institut pour aveugles en Floride, où il apprend la musique. Il devient rapidement professionnel et débute en 1948 à Seattle (sur la côte Ouest des États-Unis) avec le Maxim Trio, sous l’influence principale de Nat King Cole, mais également du saxophoniste, chanteur et chef d’orchestre Louis Jordan. Il contribue à l’avènement du rhythm and blues. Sa réputation parvient jusqu’aux dirigeants de la compagnie Atlantic, qui l’engagent aussitôt.

Ray Charles obtient son premier succès discographique en 1954 avec « I Got A Woman », suivi par « Hallelujah I Love Her So » un an plus tard et de « What’d I Say » en 1958 : il vient d’inventer un style original, la musique soul, profondément ancré dans le blues et le gospel. Sa voix — notamment son ton de « prêcheur » — est soutenue par un balancement hypnotique, créant un climat obsessionnel proche de la transe. Il s’accompagne en outre d’un piano (acoustique ou électrique) et apporte une tonalité « bluesy », au sein d’une petite formation puis d’un grand orchestre auquel s’ajoute un chœur féminin, les Raelets, qui apparaît pour la première fois en mai 1956 dans « Lonely Avenue ».

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un succès international

Ray Charles participe à la fin des années 1950 à de nombreuses séances d’enregistrement : il collabore notamment avec Milt Jackson (en témoigne le disque Genius+Soul=Jazz, 1960), Oscar Pettiford, Kenny Burrell ou encore les orchestres de Quincy Jones et de Gerald Wilson. Il triomphe au festival de Newport en 1958, puis au Carnegie Hall de New York en 1959. Après avoir surmonté des problèmes de drogue, il entreprend des tournées qui le conduisent dans le monde entier après le phénoménal succès de « Georgia on My Mind » (1960) puis de « Hit the Road Jack » (1961).

C’est au festival de Juan-les-Pins, en juillet 1961, que le public français découvre ce artiste hors normes, hors modes et multiforme, doté d’une voix rauque et sourde, brûlante mais également tendre et sensuelle, qui oscille entre la joie et la rage, la langueur et l’humour sarcastique, parfaite incarnation de la voix noire américaine. Son passage pendant une semaine entière (seul au programme) à l’Olympia en 1963 constitue un événement rare dans le jazz et contribue à asseoir sa renommée, paradoxalement plus importante en Europe qu’aux États-Unis.

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Un « génie » universel

Le public large et hétéroclite de Ray Charles (Noirs, Blancs, rockers, amateurs de jazz, de blues, de musique country ou de gospel, toutes générations confondues) fait un triomphe à celui que l’on surnomme désormais The Genius (le « génie ») ou Brother Ray (« frère Ray »). Ses concerts, exemplaires dans leur construction et dans leur progression — parfaites illustrations du « show à l’américaine » minutieusement réglé —, laissent néanmoins éclater son charisme, et font oublier les contingences commerciales qui l’ont incité à élargir son répertoire jusqu’à « la Mamma » de Charles Aznavour et « Eleanor Rigby » de The Beatles.

Ray Charles a en outre participé à quelques expériences pour le cinéma : Dans la chaleur de la nuit (In the Heat of the Night, 1967) de Norman Jewinson, dont il écrit la chanson, et The Blues Brothers (1980) de John Landis.

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