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Présentation ; Médecine préhistorique ; Pratique médicale antique ; Médecine médiévale ; Médecine de la Renaissance ; L’aube de la médecine moderne ; Médecine du xixe siècle ; Médecine des xxe et xxie siècles
médecine, histoire de la histoire des événements marquants qui ont jalonné le développement des sciences médicales depuis la préhistoire.
La connaissance des pratiques médicales préhistoriques repose essentiellement sur l’étude anatomopathologique des restes fossilisés de nos lointains ancêtres. Leurs ossements présentent parfois des séquelles de maladies identifiables par les spécialistes : fractures, luxations, graves entorses ou tumeurs. Mais, pour des raisons évidentes, seules les pathologies ayant des répercussions sur la structure osseuse sont identifiées. Certains traitements rudimentaires, comme la trépanation, à laquelle semblent avoir survécu quelques malades, sont également visibles. Pour les périodes préhistoriques plus récentes, celles du néolithique par exemple, les préhistoriens disposent de beaucoup plus d’éléments. En dehors des restes humains, ils ont retrouvé de nombreux instruments ou objets dont l’utilisation à des fins médicales semble certaine. En outre, ils établissent des comparaisons avec les pratiques actuelles de tribus primitives étudiées en anthropologie. En se fondant sur ces comparaisons, les maladies devaient présenter un grand intérêt pour les premiers hommes même s’ils n’étaient pas capables de les traiter efficacement. Comme dans bon nombre de sociétés traditionnelles actuelles, ils devaient diviser la genèse des maladies en deux catégories, chacune ayant ses propres instruments thérapeutiques. La première catégorie, la plus importante, concerne les maladies attribuées à l’influence de démons malveillants, capables d’introduire un esprit étranger, une pierre ou un ver dans le corps d’individus sans méfiance. Ils combattent ce genre d’affections à l’aide d’incantations, de danses, de pratiques magiques, de charmes et de talismans. Si l’on suppose que le démon est parvenu à pénétrer dans le corps de sa victime, en l’absence de telles précautions, ou en dépit de celles-ci, on s’efforce de rendre ce corps inhabitable pour le démon en battant ou en affamant le patient. On essaie aussi d’expulser l’esprit à l’aide de potions provoquant de violents vomissements ou en perçant un orifice dans le crâne. Ce dernier procédé, appelé trépanation, constitue également le remède pour la démence, l’épilepsie et les maux de tête. Toutefois, les traitements spécifiquement dirigés contre une maladie doivent être beaucoup plus efficaces. Les procédés thérapeutiques sont relativement nombreux dans les sociétés anciennes : nettoyage et traitement des blessures par cautérisation, cataplasmes et sutures, réduction des luxations et des fractures, utilisation d’attelles. D’autres traitements comportent l’utilisation de purgatifs, de laxatifs, d’émétiques provoquant des vomissements et de lavements. Les plus grands succès ont sans doute été obtenus avec l’utilisation d’extraits de plantes aux propriétés stimulantes et narcotiques. Certains de ces traitements sont si efficaces qu’ils continuent d’être utilisés de nos jours. La digitaline, un stimulant cardiaque extrait de la digitale, est l’un des plus connus.
De nombreux systèmes médicaux préscientifiques, fondés principalement sur la magie, les remèdes traditionnels et une chirurgie élémentaire existent donc dans certaines sociétés avant l’avènement de la médecine grecque aux environs du vie siècle av. J.-C.
On peut discerner deux tendances distinctes dans la médecine égyptienne : d’une part, des pratiques magiques et religieuses et, d’autre part, une tendance au rationalisme, fondée sur l’expérience et l’observation. Les affections des yeux et de la peau sont traitées par un médecin en raison de leur localisation bien visible, alors que les troubles moins accessibles continuent à être traités par des sortilèges et des incantations du prêtre-magicien. Au cours de la troisième dynastie, le médecin est un « préscientifique » dont les pratiques s’opposent à celles du sorcier ou du prêtre. Toutefois, les frontières ne sont pas hermétiques entre ces deux types de pratique. Ainsi l’architecte et ingénieur Imhotep (v. 2600 av. J.-C.), également grand prêtre du temple d’Héliopolis, est considéré comme le premier médecin, le père de la discipline, en raison de son savoir médical rationnel exceptionnel pour l’époque. La formation du médecin, dispensée dans des écoles, dure de nombreuses années au cours desquelles sont enseignés l’art de l’interrogatoire, de l’examen et de la palpation (examen du corps par le toucher). Les prescriptions ordonnent des médicaments dont l’usage s’est perpétué au cours des siècles. Des textes rapportent l’utilisation de laxatifs, préparés à partir de dattes, de figues et d’huile de ricin. L’acide tannique, extrait de la noix d’acacia, est utilisé pour le traitement des brûlures. Bien que les Égyptiens pratiquent l’embaumement, leurs connaissances anatomiques sont faibles. Ils ne pratiquent que des interventions chirurgicales mineures, à l’exception de la trépanation. Selon les écrits de l’historien grec Hérodote (v. 484 av. J.-C.-v. 425 av. J.-C), les anciens Égyptiens considèrent l’art dentaire comme une spécialité chirurgicale importante. Ce philosophe grec a également été influencé par les travaux de physiologie et de pathologie du médecin égyptien Imhotep, dont il aurait pris connaissance au cours de son voyage en Égypte au viie siècle av. J.-C.
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