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Présentation ; Le negro spiritual ; Le jazz et ses dérivés ; Le funk et le rap ; Les influences latino-américaines
afro-américaine, musique, musique née aux États-Unis et issue des traditions musicales des Africains vendus comme esclaves aux Amériques à partir du XVIe siècle. Sous l'influence des traditions profanes et religieuses que les colons, pour la plupart anglo-saxons et français, imposèrent à la communauté noire, la musique afro-américaine utilise le vocabulaire et les structures de la musique européenne tout en perpétuant les pratiques musicales africaines.
Faite de chansons de travail et de complaintes, la musique afro-américaine représentait à ses débuts une forme de résistance aux conditions de l'esclavage et à la menace de déculturation. Elle servait également de cadre aux prières collectives et permettait de communiquer clandestinement, notamment pour organiser des évasions. Un grand nombre de chansons étaient structurées selon la formule question-réponse, typique de la musique africaine : un chanteur lançait la mélodie, et les autres reprenaient en chœur le refrain. Ce modèle se retrouve dans le negro spiritual, apparu plus tard au contact de la religion protestante et qui se caractérise par une grande liberté d'improvisation à partir d'une ligne mélodique, liberté qui se retrouve dans le blues, type de chanson profane plus récent, interprété par un chanteur soliste. La percussion polyrythmique provient également de la musique africaine, dont les rythmes binaires et ternaires mêlés sont devenus l'une des caractéristiques principales du jazz. De caractère sacré, les spirituals étaient omniprésents au début du XIXe siècle. Comme la musique profane (chansons de travail, appels, etc.), ils étaient interprétés a capella, alors que certains chants étaient accompagnés d'instruments, notamment de percussions et de banjo. Plus tard, on employa également la flûte, le violon et la guitare. Au XIXe siècle, guitaristes, violonistes et joueurs de banjo s'unissaient pour former des orchestres de danse interprétant à la fois de la musique afro-américaine et de la danse européenne : on dansait la gigue, le reels, le buck-and-wing, le cotillon, les quadrilles. Ces orchestres utilisèrent également des instruments fabriqués à partir de bassines (les gutbuckets, sorte de violon basse) ou de cruches.
La fin de la guerre de Sécession et la migration d'une partie de la communauté noire vers le nord des États-Unis favorisèrent l'évolution du creuset culturel afro-américain. De nombreuses chansons et ballades firent alors leur apparition, annonçant la naissance du blues moderne. Les orchestres à cordes, les orchestres de cuivres et les pianos de bastringue s'imposèrent. Le cake-walk puis le ragtime inaugurèrent des styles inédits. Ces divers courants se croisèrent au début du XXe siècle pour former une nouvelle musique, le jazz. Apparu à La Nouvelle-Orléans, le jazz se répandit après 1917 dans tout le pays. Il triompha tout d'abord à Chicago, où s'épanouit et évolua le style New Orleans. Parmi les plus prestigieux compositeurs, instrumentistes et vocalistes afro-américains des quatre premières décennies du siècle figurent Jelly Roll Morton, Louis Armstrong, Earl Hines, Coleman Hawkins, Fletcher Henderson, Bessie Smith, Billie Holiday et Duke Ellington. À partir des années 1940, le jazz cessa d'être considéré comme une musique de danse et s'intellectualisa à travers la révolution du be-bop élaboré par Charlie Parker et ses compagnons, comme Dizzy Gillespie, Fats Navarro, Bud Powell et Thelonious Monk. Grâce à des artistes comme Miles Davis et John Coltrane, le jazz gagna une popularité et une respectabilité internationales et son apport à la musique du XXe siècle fut reconnu. La rencontre entre le blues rural et le grand orchestre de swing donna un style nouveau, le rhythm and blues, qui était interprété, à ses débuts, par un chanteur ou un instrument soliste soutenu par un petit ensemble. Au fil des années, des artistes tels que T-Bone Walker, Little Walter, Louis Jordan, Fats Domino, James Brown, Ray Charles et Etta James contribuèrent à la popularité du rhythm and blues. Après les années 1950, le rhythm and blues fut une source d'inspiration pour la musique noire, la musique rock et la musique populaire américaine. La musique soul, qui succéda à la vogue du rhythm and blues, combine le son de celui-ci et certaines techniques et effets du gospel. Deux courants se développèrent dans la musique soul. L'un raffiné, originaire de Detroit, représenté par Stevie Wonder, et l'autre, plus rude, proche du rock, représenté par Otis Redding.
Dans les années 1970, une nouvelle forme de musique envahit les rues de New York, le funk, qui puisait ses sources dans la musique de James Brown et qui mêlait rhythm and blues et rock psychédélique avec des artistes comme George Clinton (Parliament, Funkadelic) ou Sly and the Family Stone. Après un certain essoufflement et l'exploitation commerciale de la musique noire notamment sous la forme du disco, apparut au cours des années 1980 le rap, appelé par la suite hip-hop. S'appuyant sur un fond musical constitué de rythmes funk ou rock et utilisant des sons échantillonnés, les textes sont rimés complexes et violemment revendicatifs. Issu des ghettos noirs américains, ce style, où le texte prime sur la qualité musicale, a touché un public jeune et sensible aux thèmes évoqués tels que l'injustice sociale, le racisme, la drogue. Le rap a pris la dimension d'une contre-culture qui a gagné l'ensemble des États-Unis puis l'Europe.
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