![]() |
Résultats avec Windows Live® Search
Résultats avec Windows Live® Search Plan de l'article
Parker, Charlie (1920-1955), saxophoniste, chef d’orchestre et compositeur de jazz américain, de son vrai nom Charles Christopher. Le règne de « l’Oiseau » (« Bird », son surnom) aura été de courte durée, son ascension fulgurante et sa chute prématurée : il n’aura vécu que trente-cinq années, sa carrière professionnelle aura duré une quinzaine d’années, mais il est entré dans la légende du jazz comme l’un des plus grands génies que cette musique ait connu, le plus grand improvisateur de son histoire.
Né dans le ghetto noir d’une des grandes capitales du jazz, Kansas City, élevé par sa mère qui lui offre son premier saxophone pour ses onze ans, Charlie va écouter (sur le pas de la porte) les jazzmen qui se produisent dans un club voisin. Là, il entend le saxophoniste Lester Young qui l’impressionne ; chez lui, il écoute inlassablement les enregistrements de Count Basie. Il prend tôt la décision de devenir musicien professionnel ; pour cela, il quitte l’école et étudie en autodidacte, se forgeant cette fabuleuse technique qui lui permettra, plus tard, d’exprimer son génie. Marié à quinze ans, déjà sous l’emprise de la drogue, il joue dans les meilleurs orchestres de sa ville natale dont celui du pianiste Jay McShann avec qui il enregistre ses premiers solos en 1941. Suite à une grève des enregistrements décidée par l’American Federation of Musicians (août 1943-fin 1944, le « Petrillo ban ») qui craint que la radio et les juke-boxes mettent les musiciens au chômage, on ne peut suivre l’évolution de Parker durant cette période.
En 1943, le pianiste Earl Hines l’engage dans son grand orchestre pour jouer du saxophone ténor et, un an plus tard, il devient le leader de la section d’anches dans celui du chanteur Billy Eckstine. Il se retrouve à deux reprises en compagnie du trompettiste Dizzy Gillespie qu’il a connu quelques mois plus tôt au cours des légendaires jam-sessions du Monroe’s et du Minton’s Playhouse, clubs où, avec le pianiste Thelonious Monk et le batteur Kenny Clarke, s’élaborent, s’inventent, les règles du mouvement be-bop, première révolution dans le jazz. Associés, Gillespie et Parker forment un quintette qui en 1945 enregistre les premiers exemples de cette musique qui fascine les jeunes musiciens, intrigue ou déconcerte nombre d’amateurs et de critiques (In the Beginning). On considère Parker comme le soliste et le compositeur le plus original de cette nouvelle école. Ses improvisations, au cours desquelles il se sert des superstructures des accords comme d’une ligne mélodique en les accompagnant d’un cadre harmonique adéquat, sont toujours une aventure aux frontières de l’inouï, quel que soit le partenaire ou le thème choisi ; le phrasé se distingue par une respiration et un relief qui lui sont particuliers ; son imagination débridée brise le rythme traditionnel, émancipe l’harmonie, bouscule et revivifie les mélodies (les standards qu’il renouvelle et rebaptise, ainsi « Ko-ko » basé sur « Cherokee » ou « Ornithology » sur « How High the Moon »). Les premiers enregistrements sous sa responsabilité datent de 1945 (Bird / The Savoy Recordings) en compagnie d’un jeune trompettiste de dix-sept ans, Miles Davis. Mais sa dépendance à l’héroïne le perturbe et se manifeste dans son comportement comme dans son jeu (son interprétation de « Lover Man » du 29 juillet 1946). À la suite d’une dépression nerveuse, il est hospitalisé au Camarillo State Hospital (Californie) où il subit une première cure de désintoxication. De retour à New York, il enregistre une nouvelle série de chefs-d’œuvre, les sessions Dial :« Cool Blues » avec le pianiste Erroll Garner ; ses propres compositions « Relaxin’ at Camarillo », « Bird Paradise », « Bird Feathers », « Scrapple from the Apple », les standards « Embraceable You », « Out of Nowhere » et « Don’t Blame Me », les six derniers titres avec Miles Davis, le pianiste Duke Jordan, le contrebassiste Tommy Potter et Max Roach, son batteur favori.
Parker vient à Paris au Salon international du Jazz en mai 1949, puis se rend en Suède et au Danemark l’année suivante avec le trompettiste Red Rodney pour quelques concerts. Désormais sous contrat avec le producteur Norman Granz, il enregistre avec un orchestre à cordes (With Strings) peu avant l’ouverture à New York, le 15 décembre 1949, d’un club à son enseigne : le Birdland, the Jazz Corner of the World (l’entrée lui en sera refusée suite à un retrait de sa carte professionnelle par la brigade des stupéfiants).
|
© 2008 Bell Inc., Microsoft Corporation et leurs fournisseurs. Tous droits réservés.
|