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Présentation ; De la confidentialité à la consécration populaire ; Le clivage : tendance radicale contre démarche commerciale ; Le renouveau du rap américain et le rôle prédominant du disc-jockey ; Le rap français : des influences américaines à l’émergence d’un discours personnel
rap (de l’argot américain to rap, « bavarder », « jacter »), genre musical apparu aux États-Unis, dans les ghettos new-yorkais, au début des années soixante-dix.
Le rap s’inscrit dans l’histoire du rock comme un mouvement révolutionnaire musical noir ; les Last Poets (qui empruntent leur nom au poète sud-africain Willie Kgositsile) comptent parmi les premiers instigateurs. Le rap naît commercialement dans les années quatre-vingt avec des groupes comme Sugarhill Gang (« Rapper's Delight ») ou Grandmaster Flash (« The Message »). Il évolue ensuite, notamment grâce à l’emblématique Afrika Bambaata, vers l’univers hip-hop, une culture urbaine mêlant breakdance, smurf, graffiti, tags et autres formes d’expressions artistiques. Mais c'est à la charnière des années quatre-vingt et quatre-vingt-dix qu'il fait réellement son entrée sur la scène musicale populaire américaine ; des groupes noirs (Run DMC), blancs (Beastie Boys) ou latino-américains (Tuff Crew) prennent alors d'assaut les hit-parades. À leur suite, le rap prend une tournure plus révolutionnaire et violente (Public Enemy, X-Clan), ou plus légère et musicale (De La Soul, Jungle Brothers).
Bientôt, on retrouve d'un côté les rappeurs au langage cru, dont les textes parlent de drogue, de criminalité et de sexe, tandis que des chanteurs plus consensuels se rapprochent de la variété. Le gangsta rap (littéralement « rap gangster »), représenté par Schooly D, NWA ou encore Too Short, connaît d’abord le succès dans les ghettos de Los Angeles, puis étend son influence à l’ensemble du continent nord-américain. Ainsi, tandis que la guerre des gangs enflamme les quartiers chauds de Los Angeles, les O.G., ou original gangstas (authentiques gangsters), se réclament des gangsta rappeurs tels que Ice Cube ou Ice T. Les rappeurs dits « commerciaux » touchent quant à eux un plus large public. Des artistes comme MC Hammer, Tone Löc ou Young Mc, utilisant un son calibré pour les radios, vendent des millions de disques. La communauté hip-hop est scindée en deux. Toutefois, une « troisième voie » laisse place à des groupes atypiques — EPMD ou BDP notamment — qui reçoivent également un accueil favorable.
Pendant plusieurs années, le rap n’a pu évoluer qu'en se mêlant à d'autres genres musicaux : soul, funk, hard rock, folk, jazz, etc. La fin des années quatre-vingt-dix est cependant marquée par l’émergence d’artistes ingénieux (Company Flow, Wu-Tang Clan, Dilated Peoples) qui lui insufflent une inspiration créatrice rénovatrice. L’accès à de nouveaux outils de travail (logiciels toujours plus perfectionnés, tels que samplers et séquenceurs) offre des possibilités techniques et artistiques jusque-là inédites aux artistes de la communauté hip-hop, notamment les disc-jockeys (D.J.), qui distillent des sonorités, des rythmes et des mélodies auparavant imperméables aux rappeurs.
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