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Plan de l'article
Né dans les campagnes du sud des États-Unis, le country-blues est la première véritable expression culturelle noire. Au début du xxe siècle, il est chanté et joué au piano ou avec une simple guitare (qui remplace le banjo). Du Delta du Mississippi, qui voit naître les pionniers du blues tels Charley Patton, Son House ou Robert Johnson, le blues s’étend sur la côte Est et au Texas avec Big Lemon Jefferson ou Hudie Leadbelly (dit « Ledbetter »). W.C. Handy, appelé « le père du Blues », en popularise sa forme traditionnelle dans Memphis Blues (1912) et St. Louis Blues (1914).
À partir des années 1920, le blues suit l'évolution et la popularité du jazz à travers les performances de chanteuses telles que Mamie Smith, Bessie Smith et Billie Holiday. Il s’implante dans les ghettos des grandes villes : Memphis (Tennessee), Saint Louis (Missouri), mais surtout Chicago (Illinois), où il connaît un formidable essor transformant cette ville en un pôle majeur du blues et du jazz. Le blues se diversifie, de nouveaux styles se développent, les solistes comme Big Bill Broonzy ou Memphis Slim s’accompagnent de sections rythmiques. L'interprétation du blues au piano solo donne naissance au boogie-woogie. Mais c’est surtout l'apparition de la guitare électrique dans les années 1950 qui insuffle un son nouveau au blues, à travers la figure du guitariste Muddy Waters (« Rolling Stone », 1950, « Hoochie Coochie Man », 1954). Viennent ensuite, notamment, Otis Rush, Howlin' Wolf, B. B. King (Live at the Regal, 1964), Elmore James, T-Bone Walker, Lightnin’ Hopkins et John Lee Hooker (Boom boom, 1962). Le blues devient alors plus instrumental et de nombreux musiciens combinent la technique jazz avec la tonalité et le répertoire blues.
Dans les années 1960, la nouvelle vague du blues passe par l’Angleterre avec des groupes comme le Paul Butterfield Blues Band, les Rolling Stones, les Yardbirds, les Bluesbreakers de John Mayall, Cream, Canned Heat et Fleetwood Mac. Le rock subit lui-même plusieurs vagues de renaissance du blues, et certains guitaristes comme Eric Clapton, Jimmy Page (du groupe Led Zeppelin), Jimi Hendrix, Rory Gallagher, Steve Miller ou des groupes comme ZZ Top utilisent le blues pour créer leur propre style : le blues-rock. De même, les guitaristes issus de la scène de Chicago — Freddie King, Albert King, Albert Collins (Ice Pickin’, 1978) et Buddy Guy — perpétuent la tradition du blues. Aujourd'hui, le blues jouit d'une popularité sans cesse renouvelée, grâce notamment à l'interprétation de guitaristes tels que Robert Cray, Johnny Winter, Stevie Ray Vaughan (Texas flood, 1983) ou Robben Ford (Talk to your daughter, 1988).
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