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jazz (musique)

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Morton (Jelly Roll), Hyena StompMorton (Jelly Roll), Hyena Stomp
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6.1

La naissance des big bands

À l’aube des années trente, le jazz se déplace à nouveau, vers New York et plus précisément à Harlem où se produisent déjà des pianistes stride (forme modernisée du ragtime reposant sur une alternance de basses sur les temps forts et d’accords à l’octave sur les temps faibles) tels que James P. Johnson et Fats Waller.

Une évolution se dessine dans la conception orchestrale du jazz, abandonnant la polyphonie du style New Orleans au profit de la structure « classique » de l’orchestre en sections instrumentales(trompettes, trombones, anches, rythmique) telle que la conçoit le pianiste Fletcher Henderson dès 1924. Les grands orchestres (ou big bands) font leur apparition. Dès lors, la place prépondérante du soliste et son intervention sont encadrées et soutenues par les parties écrites ; cette architecture musicale prend le nom d’« arrangement ». Les mesures à quatre temps se substituent par ailleurs aux rythmes à deux temps.

6.2

Le jazz s’intègre à la culture américaine

6.2. 1

Les clubs de jazz au faîte de leur gloire

Les stations de radio se multiplient, l’industrie du disque tourne à plein régime (les 78 tours rencontrent un succès notable), les ballrooms (salles de danse) s’implantent dans toute la ville et les clubs de jazz connaissent leur heure de gloire : le Savoy ouvre ses portes dès 1926, le Cotton Club s’oriente vers un jazz de qualité un an plus tard et l’Apollo accueille la communauté noire. Le jazz et la danse (dans les clubs, les casinos et les grands hôtels) permettent à l’Amérique de s’étourdir dans un climat de crise économique consécutive au krach boursier de 1929.

En 1928, l’orchestre de Duke Ellington fait les beaux soirs du Cotton Club avec la revue The Blackberries of 1930. Il est remplacé par l’orchestre Cab Calloway (chanteur, danseur et animateur), auquel succède un orchestre « pour danseurs seulement », celui de Jimmy Lunceford. Au Savoy, baptisé home of happy feet (soit la « maison des pieds joyeux »), se déroulent de mémorables joutes musicales, à l’instar de celle opposant l’orchestre du batteur Chick Webb — Ella Fitzgerald y fait des débuts prometteurs en 1935 — à celui de Benny Goodman. S’y produisent également les grandes formations des pianistes Earl Hines et Count Basie.

6.2. 2

L’impact de Benny Goodman

L’Amérique vit à l’heure du swing (terme associé aux grands orchestres blancs de cette époque, à ne pas confondre avec le mot désignant la pulsation rythmique propre au jazz) et le jazz, pour la première fois de son histoire, est devenu une musique populaire. Le clarinettiste Benny Goodman est sacré « roi du Swing » en 1938. Son orchestre « mixte » (il est le premier à avoir engagé des musiciens de couleur) bénéficie des arrangements de Fletcher Henderson et touche un vaste public au-delà des seuls amateurs de jazz. Parmi ses rivaux blancs, figurent les formations du tromboniste Tommy Dorsey (dans lequel chantera Frank Sinatra), du trompettiste Harry James, des clarinettistes Artie Shaw et Woody Herman et du batteur Gene Krupa.

6.3

Les grands solistes du swing

Au sein de ces big bands émergent par ailleurs des musiciens virtuoses qui contribuent au rayonnement du jazz. Ainsi, en complément de son orchestre auquel appartient le guitariste Charlie Christian, Benny Goodman se produit en quartette avec le vibraphoniste Lionel Hampton, qui enregistre sous son nom une série de chefs-d’œuvre en petites formations entre 1937 et 1941 avant de former à son tour un grand orchestre. L’orchestre de Count Basie compte dans ses rangs le saxophoniste Lester Young et la chanteuse Billie Holiday, tandis que Duke Ellington révèle les saxophonistes Ben Webster et Johnny Hodges, le clarinettiste Barney Bigard et le contrebassiste Jimmy Blanton. Son orchestre débute une tournée européenne en 1933 alors que Louis Armstrong s’installe à Paris pour deux ans.

Coleman Hawkins donne son premier concert parisien en 1935, enregistre deux ans plus tard avec le guitariste Django Reinhardt et le violoniste Stéphane Grappelli — qui viennent de fonder le Quintette du Hot Club de France sur le nouveau label français swing — et grave Body and Soul en 1939. Art Tatum incarne les possibilités infinies de jeu et de techniques pianistiques.

6.4

Le déclin du swing

L’Amérique entre dans la Seconde Guerre mondiale en 1941 ; de nombreux musiciens sont appelés sous les drapeaux et les taxes s’abattent sur les spectacles, amorçant le déclin des big bands, tandis qu’une grève empêche tout enregistrement d’août 1942 à novembre 1944. D’insensibles et savants glissements musicaux se manifestent en outre ici et là (grâce à quelques novateurs comme le trompettiste Roy Eldridge), préfigurant ce qui est aujourd’hui considéré comme la première révolution du jazz au cours de la décennie suivante.

7

Le be-bop régénère le jazz (les années 1945-1950)

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