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Océanie

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Pays d'Océanie et d'AustralasiePays d'Océanie et d'Australasie
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Une zone à risques

L’image d’Épinal du lagon couleur bleu turquoise bordé de cocotiers fait souvent oublier que les petits pays insulaires du Pacifique figurent en bonne place au palmarès des hécatombes et des désastres économiques d’origine naturelle.

Le dispositif structural d’ensemble y implique à l’ouest, par les subductions alternées des plaques pacifique et australo-indienne, une instabilité à l’origine d’une sismicité et d’un volcanisme actifs. En vingt ans, le Vanuatu a notamment enregistré plus de 4 000 séismes de magnitude égale ou supérieure à 4 sur l’échelle de Richter. Autre exemple dramatique, en 1951, l’éruption du mont Lamington en Papouasie-Nouvelle-Guinée a provoqué la mort de 4 000 personnes. Les tsunamis, improprement appelés raz-de-marée, peuvent aussi bien être, sur les côtes des îles, la conséquence locale de ces phénomènes que le résultat, propagé à la vitesse d’un jet sur des milliers de kilomètres, des séismes survenus sur les marges instables du nord et surtout de l’est du « Grand Océan ». En un siècle, ils ont causé la mort de plus de 400 personnes et coûté plus de 110 millions de dollars uniquement dans l’archipel hawaiien.

C’est également à l’ouest du Pacifique que se développent saisonnièrement, à quelques degrés de l’équateur, les dépressions mobiles qui peuvent se transformer en cyclones tropicaux dévastateurs. Ceux-ci naissent en général au cœur de l’été, conséquence des contrastes de températures nécessaires pour fournir l’énergie à ces formidables machines thermiques. En mai 1986, le cyclone Namu a fait près de 100 victimes et plus de 20 millions de dollars de dommages aux îles Salomon.

À ces catastrophes naturelles s’ajoute l’action de l’homme ; ainsi la dégradation de nombreuses îles par la déforestation, l’érosion et la multiplication des formes de pollution sont-elles rendues plus préoccupantes par une expansion démographique rapide et générale. Par ailleurs, les espaces déserts du Pacifique ont été ou constituent encore le théâtre d’essais atomiques — les Américains sur l’atoll de Bikini, les Français à Mururoa jusqu’au début de l’année 1996 et Fangataufa et les Britanniques dans le désert australien, etc.

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Peuplement

L'histoire du peuplement de l'Océanie commence il y a moins de 60 000 ans avec l'arrivée des premiers hommes dans Sahul, la masse continentale qui unissait les îles de Nouvelle-Guinée à l'Australie et à la Tasmanie. Ces premiers habitants, originaires d'Asie du Sud-Est, ancêtres des Aborigènes d'Australie et des Papous de l'intérieur, ont franchi de nombreux bras de mer pour atteindre Sahul. La fin de la glaciation et la remonté du niveau des océans voici environ 9 500 ans ont mis fin à cette première vague de colonisation océanienne.

L'arrivée des Austronésiens, il y a 7 000 ans environ, en provenance également d'Asie du Sud-Est, a provoqué le long des côtes de Nouvelle-Guinée et dans l'archipel Bismarck de nouveaux bouleversements socio-économiques et culturels. Au cours des deux ou trois millénaires de contacts entre les anciens et les nouveaux arrivants s’est développée une culture propre — la culture Lapita — dont l’impact s’est révélé majeur dans la colonisation du pacifique insulaire. Celle-ci a commencé à déferler, il y a 4 000 ans, vers l'est le long des Salomon, Vanuatu, Nouvelle-Calédonie, Fidji et Samoa pour parvenir aux Marquises il y a environ 2 000 ans. Puis, à partir des Marquises, la colonisation s’est poursuivie sur toute la Polynésie orientale : Hawaii, l'archipel de la Société, l'île de Pâques et la Nouvelle-Zélande, dernière terre conquise, entre le ve et le viiie siècle de notre ère.

Bien que d'origine également austronésienne, il semble que le peuplement de la Micronésie ait suivi une route indépendante de celle de la Mélanésie-Polynésie. Les migrations les plus anciennes avaient pour origine les Philippines et se sont dirigées vers le sud des îles Mariannes, il y a environ 3 000 ans, puis Palaos, le centre des Carolines et des Marshall.

Les langues parlées en Océanie — plus d’un millier en Mélanésie, près de 600 en Micronésie et en Polynésie — appartiennent toutes au groupe des langues austronésiennes.

Voir aussi art aborigène ; art d’Océanie.

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Histoire

7.1

Des premiers contacts à la colonisation

L’Océanie a permis à des sociétés très particulières — sociétés traditionnelles aux relations sociales d’une complexité extraordinaire, ainsi que l’ont démontré des ethnologues comme Bronislaw Malinowski, Margaret Mead ou Maurice Leenhardt — de perdurer.

Ces sociétés sont entrées en contact tardivement avec les Européens. Au xvie siècle, les navigateurs espagnols et portugais (Magellan en 1520-1521) traversent l’Océanie, avant le Néerlandais Tasman (1642-1643), le Français Bougainville et surtout le Britannique Cook (1768 à 1779), qui effectue trois voyages. Le récit de ces explorateurs fait naître en Europe le mythe des « îles heureuses » où vivent, libres et gentils, de « bons sauvages ». La Polynésie surtout, aux femmes charmantes et aux paysages enchanteurs, fascine les premiers regards européens, qui surnomment notamment Tahiti la « Nouvelle Cythère ».

Si les xvie, xviie et xviiie siècles sont des siècles de découverte, le xixe est celui de l'expansion européenne. Les rivages océaniens attirent d'autres types d'aventuriers : dans un premier temps les missionnaires, qui bâtissent, non sans peine et dangers, de véritables royaumes, protestants ou catholiques, afin de convertir l'Océanie au christianisme ; parallèlement aux missionnaires, des marins déserteurs ou parfois naufragés, forçats en cavale, débarquent sur ces mêmes côtes. Ces Beachcombers, surnommés « batteurs de grève », vérifient, parfois à leurs dépens, l'autre face du mythe océanien : l'isolement, les fièvres, etc. Puis, des hommes d'affaires au regard plus froid leur succèdent : marchands-navigateurs attirés par le bois de santal vendu par la suite en Chine, marchands-recruteurs cherchant à s'emparer dans les îles de la main-d'œuvre qui fait alors défaut sur les plantations du Queensland.

La prise de possession de ces territoires par les grandes puissances colonisatrices — États-Unis, Royaume-Uni, France et plus tard Allemagne — ne commence réellement que vers 1840. Le Commonwealth d’Australie est créé en 1901 et la Nouvelle-Zélande devient un dominion de l’Empire britannique en 1907.

Lors de la Seconde Guerre mondiale, une partie des archipels océaniens — Nouvelle-Guinée, Salomon, Carolines, Marshall, Gilbert, etc. — est occupée par les Japonais. La reconquête américaine est longue et difficile, néanmoins la guerre du Pacifique fait entrer brutalement la région dans une nouvelle ère de son histoire.

7.2

Une décolonisation inachevée

Le vent de la décolonisation ne souffle que tardivement dans les îles d'Océanie. Les Samoa occidentales sont le premier archipel à devenir pleinement indépendant dès 1962 et à former un État ; les autres archipels suivent en ordre dispersé : Nauru en 1968, les Tonga et les Fidji en 1970, la Papouasie-Nouvelle-Guinée en 1975, le Vanuatu en 1980 et les États fédérés de Micronésie en 1992. Aujourd'hui, bien que l'évolution de facto puisse être considérée comme un phénomène naturel, la formation de nouveaux États indépendants semble marquer le pas. La France garde ainsi avec ses Territoires d'Outre-Mer le réseau sans doute le plus centralisé du Pacifique (Polynésie française, Nouvelle-Calédonie, Wallis et Futuna). Les États-Unis maintiennent également une présence avec Hawaii, qui est devenu en 1959 un État de l’Union, ou encore Guam et la partie orientale de l'archipel des Samoa, considérés comme des « territoires non incorporés ». La partie occidentale de la Nouvelle-Guinée, ancienne possession coloniale hollandaise, est devenue la province indonésienne d'Irian Jaya. La Nouvelle-Zélande, qui conserve Tokelau sous sa juridiction, entretient en outre des relations de libre association avec les îles Cook et Niue. Le Chili considère l'île de Pâques comme une « province extérieure », et la Grande-Bretagne conserve l'île de Pitcairn avec sa cinquantaine d'habitants.

À l'exception peut-être de la Papouasie-Nouvelle-Guinée et de Fidji, la plupart des actuels micro-États indépendants n'ont ni les moyens ni la population suffisante pour s'assumer en tant que nations autonomes. Ils restent tributaires d'une aide internationale, pas toujours désintéressée. La commission du Pacifique Sud s’efforce de promouvoir la stabilité dans cette région ; elle a la possibilité de financer des programmes de développement, qui étaient appliqués en 1993 dans vingt-deux pays et territoires.

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