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Waller, Fats (1904-1943), pianiste, organiste, chanteur, chef d’orchestre et compositeur de jazz américain.
Le côté truculent du personnage (ses mimiques, ses œillades et roucoulades, sa verve intarissable, ses outrances), sorte de figure rabelaisienne comme égarée dans le Harlem des années trente, sa popularité de chanteur ironique, ne doivent pas occulter le formidable pianiste et organiste qu’il a été. Pianiste, il devient célèbre pour la puissance de sa main gauche, aussi solide et souple qu’une section rythmique à elle toute seule, faisant alterner basses et accords successivement joués sur les temps forts et faibles tandis que la main droite brodait de délicates variations, ce qui fera de lui un maître du piano « stride » (forme modernisée du ragtime). À l’orgue, ce fils de pasteur a sans doute été le premier à utiliser l’instrument et à savoir le plier aux exigences du langage« jazzistique ».
Né à New York, Fats Waller est un fils de prédicateur qui accompagne, dès l’âge de six ans, les prêches de son père sur un petit harmonium. Vers dix ans, il entreprend de sérieuses études musicales et à quinze ans remporte un concours d’amateurs au piano ; peu après, il tient l’orgue dans un théâtre, joue dans les cabarets de New York, participe à ces « rent parties » (où est recueilli l’argent nécessaire pour payer le loyer) et se retrouve souvent dans des « cutting contests », joutes entre plusieurs musiciens. Il est bientôt remarqué et conseillé par James P. Johnson, son aîné de dix ans et enregistre ses premiers solos de piano en 1922 et à l’orgue cinq ans plus tard. Fats Waller réunit ensuite un petit groupe sous son nom et fait la connaissance d’un jeune parolier, Andy Razaf avec lequel il collabore jusqu’à sa mort. Après avoir joué à Londres et visité Paris en 1932, il reforme un nouveau groupe, le Fats Waller and his Rhythms (mai 1934) auquel il doit bientôt une considérable popularité, et au sein duquel il chante des rengaines sentimentales les déniaisant férocement, en compagnie d’excellents partenaires dont le trompettiste Herman Autrey, le saxophoniste et clarinettiste Gene Sedric, le guitariste Al Casey. Il interprète également ses propres compositions (près de 700 à son crédit) comme « Ain’t Misbehavin’ », « Black and Blue », « Honeysuckle Rose », « Squeeze Me » qui deviendront des classiques (faces gravées pour le label RCA). Parallèlement, il poursuit sa carrière de soliste enregistrant à Londres six solos d’orgue qui constituent le sommet de son art d’organiste. Il tourne dans de nombreux courts-métrages (qui font maintenant figures d’ancêtres des clips) et dans le film Stormy Weather (1943) de Andrew L. Stone en compagnie de Cab Calloway et de la chanteuse Lena Horne. D’incessantes tournées et une vie mouvementée l’épuisent ; il meurt dans un train, des suites d’une pneumonie, en pleine gloire, à trente-neuf ans.
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