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Jones, Elvin

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Présentation

Jones, Elvin (1927-2004), batteur, chef d’orchestre et compositeur de jazz américain.

Elvin Jones a fait évoluer le rôle de la batterie vers une indépendance totale au sein de l’orchestre jazz, en rompant avec la tradition du tempo continu et en plaçant tous les éléments de la batterie dans une « tornade » sonore inédite.

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Une formation à la fois autodidacte et prestigieuse

Né à Pontiac (Michigan), Elvin Jones est le benjamin des trois frères Jones : le pianiste Hank Jones (né en 1918) est l’aîné, suivi par le trompettiste Thad Jones (1923-1986). Il commence sa carrière en autodidacte. Après son service militaire au cours duquel, de 1946 à 1949, il appartient à l’orchestre de l’armée, Elvin Jones accompagne les solistes de passage dans un club de Detroit.

En 1955, il se rend à New York et enregistre en compagnie de musiciens tels que le trompettiste Miles Davis ou le saxophoniste Lee Konitz ; il se produit également aux côtés des principaux représentants du be-bop, parmi lesquels le pianiste Bud Powell, le tromboniste Jay Jay Johnson et le saxophoniste Charlie Parker (rencontré en 1956).

C’est cependant en compagnie de Sonny Rollins qu’Elvin Jones se fait véritablement remarquer, dans le trio sans piano du saxophoniste lors d’un enregistrement en direct, A Night at the Village Vanguard, avec le contrebassiste Wilbur Ware, en 1957. Grâce à son style tonique et innovateur, il devient une figure du hard bop, quelques années avant de « libérer » totalement sa technique et son jeu au sein du mouvement free jazz.

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L’explosive collaboration avec John Coltrane

En 1960, le saxophoniste John Coltrane engage en effet Elvin Jones et le pianiste McCoy Tyner, qui deviennent, en compagnie du contrebassiste Jimmy Garrison, les piliers de son nouveau quartette (l’un des plus influents de l’histoire du jazz). Elvin Jones fait « exploser » son instrument au fur et à mesure de l’évolution de la musique de John Coltrane — même s’il est remplacé pour une courte période en 1963 par Roy Haynes —, de My Favourite Things (octobre 1960) à Meditations (novembre 1965). Il quitte néanmoins le groupe peu après.

Par son drumming (autrement dit son style de jeu) polyrythmique en cascades déferlantes, et grâce à une puissance de frappe hors du commun (dont témoigne un engagement physique spectaculaire), il pousse le saxophoniste, littéralement dynamisé par sa furia, jusqu’aux limites extrêmes de l’improvisation modale (comme en témoigne A Love Supreme, paru en 1964).

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L’influence d’Elvin Jones

Après une période d’une telle richesse, Elvin Jones crée de nombreuses formations, la plupart sans piano, au sein desquelles les saxophonistes tiennent la vedette : Joe Farrell, George Coleman, Dave Liebman, Steve Grossman ou Azar Lawrence notamment. En novembre 1965, il est également brièvement engagé par Duke Ellington, toutefois leurs styles diamétralement opposés ne peuvent s’accorder. Par la suite, il retrouve McCoy Tyner le temps d’un disque (Trident, 1975), et joue dans des écoles, des hôpitaux et des prisons.

En 1980, Elvin Jones forme un groupe régulier, l’Elvin Jones Jazz Machine, qui, à travers ses concerts et ses tournées, fait connaître de jeunes musiciens comme les saxophonistes Joshua Redman, Ravi Coltrane (le fils de John Coltrane) ou Stefano Di Battista. Au cours des années 1990, il dirige épisodiquement cette formation, qui a repris le flambeau des Jazz Messengers d’Art Blakey.

Par ailleurs, en 1993, Elvin Jones participe à la réalisation de l’album Uppon Reflections en compagnie de Hank, un hommage à la musique de leur frère Thad. Puis en 1998, il publie l’album Momentum Space en compagnie du saxophoniste Dewey Redman et du pianiste Cecil Taylor.

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