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Horn, Shirley (1934-2005), chanteuse, pianiste et chef d’orchestre de jazz américaine. Tout au long de sa carrière, Shirley Horn a privilégié un jazz raffiné, feutré et intimiste, fondé sur l’alliance de ses exceptionnelles capacités vocales et de son jeu pianistique minimaliste.
Née à Washington, Shirley Horn apprend le piano dès l’âge de quatre ans, et suit des études musicales à la Howard University. En 1954, elle forme son premier trio, avec lequel elle se produit dans sa ville natale — où elle dirige par ailleurs un club (The Place Where Louis Dwell) au début des années 1960. Remarquée et encouragée par des musiciens tels que le pianiste John Lewis et le trompettiste Miles Davis, elle signe son premier disque, Embers and Ashes, en 1961. Sa notoriété grandissant, Shirley Horn donne quelques concerts à New York, en première partie de Miles Davis au Village Vanguard, célèbre club de jazz de la métropole américaine, mais également à la télévision. En 1963, elle enregistre Shirley Horn With Horns, album arrangé notamment par Quincy Jones. En 1965, Shirley Horn interrompt sa carrière pour élever sa fille. Elle ne revient sur le devant de la scène qu’en 1978, répondant à la proposition d’un label danois (Steeple Chase), pour former un trio avec le contrebassiste Buster Williams et le batteur Billy Hart, remplacés au cours des années 1980 par Charles Able et Steve Williams.
À la fois chanteuse et pianiste, Shirley Horn atteint une renommée de niveau international à la faveur de sa prestation triomphale au Northsea Jazz Festival de La Haye (Pays-Bas) en 1981. Sous contrat avec le prestigieux label Verve à partir de 1987, elle signe une série d’albums au fil desquels son utilisation de l’espace sonore, cette façon de le faire respirer avec silences et pauses entre les mots et les notes, lui autorise un art consommé du « suspense ». Sa découpe de la phrase musicale assemblant les couleurs de sa voix (cris feutrés et chuchotements rauques) aux timbres de son piano, en parfaite osmose, et l’arrangement des mélodies qu’elle parvient à métamorphoser favorisent par ailleurs une densité d’émotion exceptionnelle, tant sur le plan vocal que pianistique. Shirley Horn invite parfois quelques musiciens à se joindre au trio, tels le saxophoniste Buck Hill (Close Enough For Love, 1988), les trompettistes Miles Davis et Wynton Marsalis ou l’harmoniciste Toots Thielemans (You Won’t Forget Me, 1990). Parmi ses enregistrements des années 1990 figurent Here’s To Life (1991), dont les arrangements essentiellement articulés autour de la présence d’une section de cordes sont réalisés par Johnny Mandel, I Love You, Paris, témoignage discographique d’un concert donné à Paris en 1992, et un hommage à Ray Charles, Light Out of Darkness (1993). Elle dédie I Remember Miles (1998) à son ami Miles Davis en interprétant quelques pièces de son répertoire (« My Funny Valentine », « Summertime », etc.) en compagnie du trompettiste Roy Hargrove, du contrebassiste Ron Carter, du batteur Al Foster, du saxophoniste Buck Hill et de l’harmoniciste Toots Thielemans. You’re My Thrill (2001) est pour sa part articulé autour d’arrangements pour cordes du compositeur, arrangeur et multi-instrumentiste Johnny Mandel. Dans ce disque qui évoque le Lady in Satin (1958) de Billie Holiday, la chanteuse et pianiste décline à sa façon toutes les modalités de la délicatesse, de la sensualité et du désir. May the Music Never End (2003, dont le titre signifie « puisse la musique ne jamais s’arrêter ») est le dernier album studio de la discographie de Shirley Horn.
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