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Autumn Leaves, chanson et standard de jazz français composé en 1946 par Joseph Kosma pour la musique, par Jacques Prévert pour les paroles françaises et par Johnny Mercer pour les paroles anglaises.
À l’origine, Joseph Kosma compose cette mélodie pour le ballet le Rendez-Vous, d’après un argument de Jacques Prévert, créé par Roland Petit en juin 1945. En 1946, Marcel Carné décide de l'utiliser dans son film les Portes de la nuit, la destinant d’abord à Marlene Dietrich ; celle-ci ne participant pas au film, c’est Jean Vilar (doublé par Jean Wetzel) qui l’interprète à l’écran à l’harmonica, tandis que Fabien Loris la siffle, Yves Montand la fredonne — cette chanson est par la suite devenue l’un de ses plus grands succès — et Nathalie Nattier, doublée par Irène Joachim, la chante. Les Feuilles mortes est alors adapté dans de nombreuses langues et interprété par les artistes les plus divers, de la variété au jazz, en passant par les stars de la musique classique : Maurice André, Placido Domingo, etc. En 1956, un film américain de Robert Aldrich porte le titre de Autumn Leaves (« les Feuilles d’automne ») et la chanson de Kosma en constitue le leitmotiv. Louis Prima et Keely Smith l’interprètent par ailleurs dans Hey Boy! Hey Girl! de David Lowell Rich (1959).
Les Feuilles mortes est composé d’un couplet de 12 ou 24 mesures selon les partitions et d’un refrain de 16 ou 32 mesures de structure AA’BC — la forme en 32 mesures prévaut dans les versions de jazz. Dans les sections A et A’, la structure harmonique présente 4 mesures dans le mode majeur suivi de 4 mesures dans le relatif mineur, processus qui s’inverse dans la section B. Cette progression harmonique de la section A apparaît notamment dans quelques œuvres classiques, telles que la Passacaille en sol mineur de Haendel ou le premier mouvement de la Sonate en fa de Mozart (K332).
La chanteuse Cora Vaucaire effectue le premier enregistrement des Feuilles mortes en janvier 1948 pour le Chant-du-Monde, Yves Montand en mai 1949. En Amérique, Roger Williams porte cette chanson aux sommets du hit-parade en 1955. Le premier enregistrement par un jazzman est celui d’Artie Shaw en 1950, toutefois les grandes versions jazzées de Cannonball Adderley (1958), de Bill Evans (à partir de 1959) et de Miles Davis (à partir de 1960) ont donné ses lettres de noblesse américaines à cette chanson française.