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Carter, James

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Carter, James (1969- ), multi-saxophoniste, clarinettiste, flûtiste, chef d’orchestre, arrangeur et compositeur de jazz américain.

Né à Detroit (Michigan), James Carter est remarqué dès le début des années quatre-vingt-dix lors de ses interventions au sein notamment du Mingus Big Band, du New York Organ Ensemble du trompettiste Lester Bowie, du Lincoln Center Jazz Orchestra dirigé par un autre trompettiste, Wynton Marsalis, et du sextette du saxophoniste Julius Hemphill. Ce jeune prodige figure ainsi aujourd’hui parmi les plus brillants — et les plus médiatiques — musiciens de jazz contemporain de sa génération, aux côtés notamment du trompettiste Nicholas Payton, des saxophonistes Joshua Redman et Mark Turner ou encore du pianiste Brad Mehldau.

Capable d’assimiler, malgré son jeune âge, quatre-vingts ans d’histoire jazzistique à travers ses différentes époques et tendances (de Bennie Moten à Anthony Braxton, de Don Byas à Sun Ra), James Carter fait en outre preuve d’une parfaite maîtrise de tous les instruments, dont il joue avec une énergie insolente et une imagination fertile. Ses premières apparitions en public avec son quartette (Craig Taborn au piano, Jaribu Shahid à la contrebasse, Tani Tabbal à la batterie) ont déclenché l’enthousiasme du public conquis par sa fougue, son exubérance, son lyrisme échevelé, ses déferlements de notes et ses fréquents débordements free jazz (à l’instar de son interprétation du « Take the A Train » de Billy Strayhorn sur un tempo extrêmement rapide). Les citations dont il émaille son discours, le son volumineux et puissant de son ténor et de son baryton, son souffle rageur ou tendre, ses claquements de langue (slap-tongue pratiqué dans les premiers temps du jazz), la perfection des suraigus et le contrôle de la respiration continue constituent par ailleurs les principales caractéristiques musicologiques du style de James Carter.

En 1994, il signe un contrat avec le label discographique Atlantic et s’entoure de vétérans comme le trompettiste Harry « Sweets » Edison et le saxophoniste Buddy Tate dans son disque Conversin’ with the Elders (littéralement « conversation avec les aînés ») paru en 1996. James Carter se produit régulièrement en France depuis 1995 en concerts et dans des festivals où, tour à tour hurleur ou enjôleur, il déchaîne les passions et suscite les interrogations : génie précoce ou tornade passagère, météore égocentrique ou valeur sûre ? La question est régulièrement posée par la critique musicale, même depuis la sortie de ses deux derniers albums : Chasin’ the Gipsy (un hommage à Django Reinhardt) et Layin’ in the Cut.

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