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Ayler, Albert (1936-1970), saxophoniste et compositeur de jazz américain.
Né à Cleveland (Ohio), Albert Ayler joue dans un premier temps dans des orchestres de l’armée au cours de son service militaire, qu’il effectue en France. De retour dans sa ville natale, il donne quelques concerts qui ne remportent aucun succès. En 1962, il part en Suède, où il enregistre son premier disque (on y pressent l’influence de Sonny Rollins), puis un deuxième pour la radio danoise, My Name is Albert Ayler (1963). Il rencontre bientôt le pianiste Cecil Taylor et le batteur Sunny Murray, qui vont jouer un rôle déterminant dans sa carrière. Accompagné de Murray et du contrebassiste Gary Peacock, il grave son premier disque américain, Spiritual Unity (1964). Il s’adjoint ensuite le trompettiste Don Cherry pour former l’Albert Ayler Quintet, et part en tournée au Danemark. En 1965 et 1966, il se produit en quintette aux États-Unis et en Europe, notamment avec son frère Don, trompettiste. Il compose également la musique d’un film et, en 1967, joue lors de l’enterrement de John Coltrane (impressionné par sa sonorité et sa musique, ce dernier lui avait apporté son aide). Par la suite, la chanteuse, pianiste et harpiste Mary Parks s’intègre à l’orchestre, qui donne deux concerts en juillet 1970 à la fondation Maeght à Saint-Paul-de-Vence. De retour à New York, Albert Ayler disparaît pendant une vingtaine de jours, avant que son corps ne soit retrouvé dans l’East River le 25 novembre 1970. Son décès reste inexpliqué, même si l’hypothèse de la mort par noyade est privilégiée par la police.
Le jazz ne manque pas de créateurs de génie disparus aussi prématurément qu’Albert Ayler et qui ont eu, tout comme lui, une carrière fulgurante. Parmi eux, Bix Beiderbecke, Charlie Christian, Charlie Parker, Clifford Brown ou encore Jaco Pastorius sont les plus illustres. En moins de dix ans (de 1962 à 1970), Albert Ayler est parvenu à créer un univers très personnel, s’inscrivant dans le courant free-jazz. Caractérisée par un lyrisme exacerbé, empreinte de spiritualité et de religiosité (Ayler a été marqué dans sa jeunesse par la musique de l’église baptiste noire et celle des processions funèbres auxquelles il assistait), sa musique a suscité de vives réactions, souvent négatives. C’est pourquoi il a souvent été considéré comme un artiste « maudit » et incompris d’une partie du public. D’autres n’ont vu en lui qu’un « adepte du néant » ou un provocateur (comme en témoigne la forte contestation qu’il a rencontrée lors de son concert du 13 novembre 1966 à Paris). L’inadaptation de son public — et conséquemment le rejet de sa musique — est vraisemblablement due à son style incantatoire, à l’extrême amplitude de sa sonorité, accentuée par un fort vibrato (élément essentiel de son jeu), et à la « naïveté » apparente ou réelle de son discours.
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