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Présentation ; Formation ; Une figure centrale de l’avant-garde ; Un créateur controversé ; À proximité de certains compositeurs européens
Taylor, Cecil (1933- ) pianiste, compositeur et poète américain.
Né à Long Island près de New York d’un père noir et d’une mère indienne pianiste et passionnée de théâtre, et descendant de grands parents écossais, Cecil Taylor grandit dans un milieu privilégié de musiciens amateurs, très réceptif à toutes les formes de culture. Il commence l’étude du piano dès l’âge de cinq ans auprès d’une voisine professeur de piano. Il se familiarise ensuite avec les percussions (cherchant à imiter Chick Webb), fréquente les concerts de Cab Calloway et de Jimmie Lunceford grâce à un oncle musicien, écoute Duke Ellington qui ne lui inspire d’abord que des sentiments modérés, nourrit de l’intérêt pour la danse. Il s’inscrit à l’université de New York pour suivre des cours de composition et d’harmonie, puis il se rend au conservatoire de Boston, où, malgré un enseignement académique qui l’irrite, il se familiarise avec la musique de Bartók, de Stravinski et de Schoenberg. C’est également à Boston qu’il commence à fréquenter le milieu du jazz, et notamment le saxophoniste Andrew McGhee qui l’introduit auprès des personnalités de la ville et lui fait découvrir le be-bop ; la prestation de Charlie Parker au club Hi-Hat, à laquelle il assiste en 1951, vient s’inscrire brutalement à côté de la musique de ses premiers modèles revendiqués (Erroll Garner, Mary Lou Williams et surtout Lennie Tristano) ; à cette époque, il écoute également Bud Powell (tout particulièrement le titre « Un Poco Loco »), mais aussi le jeu très physique d’Horace Silver, Miles Davis, Thelonious Monk ou encore Dave Brubeck. Son premier groupe, formé en 1952-1953, avec le vibraphoniste Earl Griffith, le saxophoniste alto Kenny Hyers et le batteur John Ore, se dissout après quelques prestations. Contraint de gagner ponctuellement sa vie avec des travaux extra-musicaux, il joue pour Hot Lips Page, avec des groupes de musique antillaise, participant à l’orchestre de Johnny Hodges et donnant également des cours de piano, notamment au saxophoniste Steve Lacy. En 1958, il enregistre pour la firme United Artists, mais avec des partenaires imposés : John Coltrane, Chuck Israels, Louis Hayes et Kenny Dorham.
Au cours des années soixante, Cecil Taylor s’affirme comme l’un des principaux créateurs de l’avant-garde : il apparaît au théâtre avec la pièce The Connection de Jack Gelber en compagnie d’Archie Shepp, enregistre avec le bassiste Buell Neidlinger l’album New York R&B, se produit au Lincoln Center avec Albert Ayler, participe aux coopératives libertaires de défense des intérêts de la musique afro-américaine que sont la Jazz Composers Guild du trompettiste Bill Dixon ou la Jazz Composer’s Orchestra de Michael Mantler. En 1962, son quartette comprend régulièrement le batteur Sunny Murray et le saxophoniste Jimmy Lyons (qui l’accompagnera dans toutes ses formations jusqu’à sa mort en 1982). Ses principaux collaborateurs du moment sont le trompettiste Eddie Gale, le saxophoniste Ken McIntyre, le contrebassiste Henry Grimes et le batteur Andrew Cyrille.
Avec les années soixante, il rompt définitivement avec la tradition en se libérant des structures traditionnelles, comme l’uniformité du tempo, et trouve son style — qui effraie ou rebute nombre de ses contemporains comme John Coltrane ou Charles Mingus, en passant par un Miles Davis absolument indifférent aux voies qu’emprunte la musique de Cecil Taylor. Ce style est fondé sur l’énergie, la dépense, la volubilité et le caractère percussif du discours du pianiste, en constante référence à la danse (d’inspiration amérindienne ou africaine). En martelant frénétiquement l’étendue du clavier en une avalanche de notes, il parvient à créer par l’intensité et la prolixité de son jeu un climat incantatoire proche de la transe. Nombre de ses concerts sont d’ailleurs souvent assimilés à des performances physiques, qui suggèrent une sorte de danse sur un clavier diabolique.
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