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Shorter, Wayne

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Art Blakey and The Jazz Messengers, PolitelyArt Blakey and The Jazz Messengers, Politely
Plan de l'article
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Présentation

Shorter, Wayne (né en 1933), saxophoniste (ténor et soprano), chef d’orchestre et compositeur de jazz américain.

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Un instrumentiste sous influence, un compositeur libéré

Né à Newark (New Jersey), Wayne Shorter poursuit des études musicales récompensées par un diplôme de la New York University. Il joue avec le pianiste Horace Silver, entre dans le big band du trompettiste Maynard Ferguson en 1959 et enregistre son premier disque, Introducing Wayne Shorter, en 1960. Il est ensuite appelé par Art Blakey pour remplacer Hank Mobley au cours d’une tournée des Jazz Messengers, dont il devient le directeur musical. Entre 1959 à 1964, il enregistre avec eux une quinzaine d’albums, sur un matériel dont il est le plus souvent le compositeur.

Dans ses enregistrements pour le label Blue Note (Night Dreamer, JuJu et Speak no Evil), en 1964-1965, on remarque l’affirmation de sa personnalité sur deux plans : le saxophoniste ténor, en pleine possession de ses moyens mais dont la dette envers John Coltrane est perceptible, et le compositeur, cultivant avec raffinement et originalité un goût pour les ambiguïtés tonales et rythmiques.

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Sous le patronage de Miles Davis

Ces talents d’instrumentiste et de compositeur avaient grandement contribué au renouveau des Jazz Messengers. Il en va de même avec le quintette de Miles Davis : entre 1964 (Miles in Berlin) et 1970 (Bitches Brew), Wayne Shorter joue en effet un rôle déterminant, écrivant la majorité des compositions (« Dolores », « Footprints », « Nefertiti », « Paraphernalia » ou encore « Sanctuary »). Composé, outre Miles Davis et Wayne Shorter, du pianiste Herbie Hancock, du contrebassiste Ron Carter et du batteur Tony Williams, le quintette exerce une influence significative sur l’ensemble de la musique afro-américaine. Wayne Shorter insuffle une dimension onirique à des thèmes au caractère souvent minimaliste, permettant de formelles acrobaties au cours de voyages d’une étrangeté radicale. Il se met au saxophone soprano en 1968, au moment de l’évolution du groupe vers le jazz-rock, pour s’opposer de manière plus franche par le son aux nouveaux instruments électroniques que Miles Davis utilise de plus en plus fréquemment.

Parallèlement à cette collaboration prestigieuse, Wayne Shorter enregistre, toujours pour Blue Note, des albums consacrés à des compositions personnelles : Adam’s Apple (1966), Schizophrenia (1967) et Super Nova (1969).

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Weather Report : le groupe phare du jazz-rock

Wayne Shorter quitte Miles Davis en 1970, en compagnie du claviériste autrichien Joe Zawinul (depuis un an dans le groupe du trompettiste), pour fonder et codiriger avec lui Weather Report, qui devient le groupe phare du jazz-rock des années 1970-1980. Pendant une quinzaine d’années, la formation — aux bassistes et batteurs variables —, toujours à la pointe de l’évolution des techniques électro-acoustiques, affiche une volonté d’échapper aux contraintes stylistiques et s’ouvre à d’autres horizons en un vaste brassage de jazz, de rock, de musiques brésiliennes, africaines ou orientales. Wayne Shorter signe tour à tour des mélodies rêveuses, éthérées ou étirées dans l’espace (l’ésotérisme planant de « Mysterious Traveller », sur l’album du même nom paru en 1974) et des thèmes aux allures plus funky ou inspirés de la musique soul et de la salsa (comme en témoigne Heavy Weather, publié en 1977).

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