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Dolphy, Eric (1928-1964), saxophoniste alto, clarinettiste basse, flûtiste et compositeur de jazz américain. La musique « intempestive » d’Eric Dolphy opère un constant va-et-vient entre les leçons de fluidité du be-bop et les véhémentes subversions du free jazz. Musicien intransigeant et imprévisible, il incarne l’accélération fulgurante qu’a connue l’histoire du jazz dans les années 1960.
Né à Los Angeles (Californie), Eric Dolphy étudie d’abord la clarinette, puis le saxophone alto et la flûte. Sous l’égide du saxophoniste Buddy Collette, il est engagé dans le quintette du batteur Chico Hamilton, avec lequel il enregistre deux disques : Gong East (1958) et That Hamilton Man (1959). Lorsque le groupe se rend à New York, en 1959, Eric Dolphy se fond naturellement dans l’esprit frondeur et « libérateur » du free jazz. Il rejoint le Workshop de Charles Mingus et participe aux séances d’enregistrements de Charles Mingus Presents Charles Mingus (1960) ainsi qu’aux festivals de Newport et d’Antibes. La même année, il forme son premier groupe d’envergure, avec notamment les trompettistes Freddie Hubbard puis Booker Little. En 1960, Eric Dolphy fait partie du double quartette d’Ornette Coleman (avec notamment les contrebassistes Charlie Haden et Scott LaFaro, les trompettistes Don Cherry et Freddie Hubbard, les batteurs Billy Higgins et Ed Blackwell) qui enregistre la pierre de touche de la nouvelle musique afro-américaine, Free Jazz.
Eric Dolphy publie ensuite trois enregistrements sous son propre nom, parmi lesquels Far Cry (1960). L’année suivante est particulièrement riche : il participe avec Archie Shepp à l’album Africa/Brass (1961) de John Coltrane, joue au Five Spot Cafe — haut lieu de l’avant-garde du jazz — avec un quintette formé de Booker Little à la trompette, Mal Waldron au piano, Richard Davis à la contrebasse et Ed Blackwell à la batterie (Eric Dolphy at the Five Spot, 1961), et collabore avec Ron Carter (Where?, 1961). Puis, toujours en 1961, Eric Dolphy part pour l’Europe : Stockholm en Suède, Copenhague au Danemark, autant de villes où il enregistre plusieurs albums avec des musiciens locaux. De retour aux États-Unis, à New York, il dirige diverses formations au sein desquelles se succèdent le pianiste Herbie Hancock (1962), le trompettiste Woody Shaw, le vibraphoniste Bobby Hutcherson (1963-1964), le compositeur, pianiste et arrangeur Gil Evans ou encore le saxophoniste Cannonball Adderley. Out To Lunch, sans doute son album le plus abouti, est enregistré en 1964 pour le label Blue Note, mais ne sort qu’après sa mort. En 1964, Eric Dolphy décide de repartir vers l’Europe afin de s’y installer définitivement. Atteint de diabète, il meurt d’une crise cardiaque à Berlin en Allemagne. Un film réalisé par Hans Hylkema a été consacré à Eric Dolphy : Last Date: Eric Dolphy (1991). Le poète et écrivain Jacques Réda a pour sa part écrit un texte remarqué : Passage d’Eric Dolphy (in l’Improviste : une lecture du jazz, 1980).
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