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Résultats avec Windows Live® Search Clarke, Kenny (1914-1985), batteur, chef d’orchestre et compositeur de jazz américain. À la fois considéré comme l’un des fondateurs du style be-bop (en compagnie de Charlie Parker et Dizzy Gillespie) et l’inventeur de la batterie moderne, Kenny Clarke (de son vrai prénom Kenneth, dit aussi Klook ; sous son nom musulman : Liaquat Ali Salaam) bouleverse les conceptions du tempo au début des années quarante et fait de la batterie un instrument mélodique de concert (et non plus pour la danse et l’industrie du spectacle), libérant en conséquence le rôle de la contrebasse. Sa « révolution » consiste à inverser les rôles des éléments de la batterie : désormais le tempo est assuré par la grande cymbale (le « chabada »), les caisses (claire et grosse) permettant les ponctuations et accentuations. Né à Pittsburgh (Pennsylvanie), de parents musiciens, il commence par apprendre le piano (auprès de sa mère, pianiste), puis le trombone (avec son père), le saxophone, la trompette, le vibraphone et enfin la batterie. Orphelin très tôt, il travaille dans différents orchestres dès 1928 (à 14 ans), avant d’entrer dans celui de Teddy Hill où il applique ses premières innovations (1939-1940) ; le chef d’orchestre lui confie l’organisation des soirées d’un club, le Minton’s Playhouse, véritable laboratoire du be-bop. Il compose quelques « classiques » du jazz moderne : « Salt Peanuts » et « Oop Bop Sh’Bam » avec Dizzy Gillespie, « Epistrophy » avec Thelonious Monk. De 1941 à 1942, il accompagne quelques vedettes (dont la chanteuse Billie Holiday et des musiciens tels que Charlie Parker ou Lester Young) et, après un passage dans l’armée où il joue du trombone, rejoint en 1946 le big band de Dizzy Gillespie (à Paris, salle Pleyel, 1948, enregistrement pour le label Vogue) ; il y rencontre le vibraphoniste Milt Jackson et le pianiste John Lewis et fondera avec eux le Modern Jazz Quartet (en 1951) pour le quitter trois ans plus tard (il est remplacé par Connie Kay). Il s’installe à Paris en 1956, joue dans l’orchestre de Jacques Hélian, enregistre dans le quintette de Miles Davis la musique du film Ascenseur pour l’échafaud de Louis Malle (en compagnie de Barney Wilen, René Urtreger et Pierre Michelot), se produit dans les clubs parisiens comme le Club St-Germain ou le Blue Note (il en devient le batteur attitré jusqu’en 1966) avec quelques-uns des plus grands solistes américains et français. À partir de 1961 et pendant onze ans, il co-dirige avec le pianiste belge Francy Boland, une formation au personnel international, le Clarke-Boland Big Band, et, parallèlement se consacre à l’enseignement en ouvrant avec son confrère Dante Agostini une école de batterie renommée ; à partir de 1974, il ralentit son activité de studio (il aura enregistré des centaines de disques), retourne périodiquement aux États-Unis à partir de 1977, après deux décennies d’absence, et constate avec émotion le respect et l’intérêt que lui portent les jeunes musiciens. Il enregistre pour la dernière fois en 1984 avec un ensemble de percussionnistes et termine son existence dans une semi-retraite avant de mourir le 26 janvier 1985 à Montreuil-sous-Bois (Val-de-Marne). De Max Roach à Jack DeJohnnette, d’Art Blakey à Tony Williams, de Philly Joe Jones à Elvin Jones (partenaires de John Coltrane) en passant par Roy Haynes, tous les batteurs du jazz moderne ont travaillé la pratique de leur instrument dans le sillage de Kenny Clarke qui a déclaré un jour : « J’ai cassé la prison et les menottes de la batterie ».
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