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Christian, Charlie

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Christian (Charlie), Blue N' BoogieChristian (Charlie), Blue N' Boogie

Christian, Charlie (1916-1942), guitariste de jazz américain.

L’importance historique de ce musicien est triple puisqu’il a imposé la guitare électrique comme instrument soliste à part entière dans le jazz ; il a par ailleurs influencé tous les autres guitaristes (excepté Django Reinhardt) qui l’ont suivi ; enfin, il a contribué à la naissance et au développement du be-bop au cours de sessions devenues légendaires dans les clubs de Harlem en 1941. Il a accompli cette œuvre en quelques années (de 1938 à 1942), puisqu’il meurt à l’âge de vingt-six ans.

Né à Dallas (Texas) dans une famille de musiciens (son père est guitariste, chanteur et trompettiste), Charlie Christian commence par s’initier à de nombreux instruments (trompette, saxophone, piano et contrebasse). En 1934, il joue de la contrebasse dans la formation du pianiste Alphonso Trent, puis commence à maîtriser la guitare. Il se produit dans différents orchestres et, en 1937, fait la connaissance d’Eddie Durham, présent à la guitare amplifiée dans l’orchestre de Jimmy Lunceford : Charlie Christian adoptera la toute nouvelle guitare électrique fabriquée maintenant industriellement.

Remarqué par la pianiste Mary Lou Williams (celle-ci téléphone au producteur John Hammond qui le recommande aussitôt à Benny Goodman), il est engagé dans l’orchestre du « King of Swing » en 1939 — où il reste jusqu’à sa mort —, participe à de nombreux concerts dont le second From Spirituals to Swing au Carnegie Hall de New York (où le sextette du clarinettiste s’intègre à l’orchestre de Count Basie pour un mémorable « Lady be Good ») et à des séances d’enregistrement, toujours avec Goodman, en big band et en petites formations (Waiting for Benny, 1941).

Dans ce laps de temps, il renouvelle les conceptions de l’accompagnement et de l’improvisation, innove sur le plan harmonique, étonne par ses audaces mélodiques. Son style de guitare est déterminé par une superbe sonorité ronde, un phrasé legato évoquant celui du saxophoniste Lester Young, une insistance sur une note déterminée, un usage des « riffs » (courte phrase répétée), une mise en place rigoureuse qu’il ponctue parfois de « break » (arrêt de la rythmique), ou bien encore une façon à la fois rigoureuse et souple de plaquer les accords.

Devenu célèbre, lauréat des référendums organisés par les revues Down Beat et Metronome à plusieurs reprises, c’est dans les clubs (le Monroe’s Uptown House ou le Minton’s Playhouse) que Charlie Christian aime à retrouver les musiciens (le batteur Kenny Clarke, le pianiste Thelonious Monk, les trompettistes Dizzy Gillespie et Joe Guy ou le saxophoniste Don Byas) qui ouvrent la voie au be-bop (il dit se sentir en plein accord avec eux) au cours d’interminables et expérimentales jam-sessions, qui se révèlent éprouvantes aussi. Fatigué, il doit entrer à l’hôpital en juillet 1941 pour soigner une tuberculose dont on espère une guérison rapide, mais il meurt au début de l’année suivante au sanatorium municipal de Seaview (Staten Island).

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