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Présentation ; Les premiers pas de Carla Bley compositrice ; Les grandes suites ; Une musique en mouvement ; Une femme dans le jazz
Bley, Carla (1938- ), compositrice, arrangeuse, chef d’orchestre, pianiste et organiste de jazz américaine. Née à Oakland (Californie) dans une famille d’origine scandinave, Carla Bley (Carla Borg de son nom de jeune fille) reçoit, dès l’âge de trois ans, ses premières leçons de piano d’un père organiste et maître de chœur à l’église. Elle quitte la Californie à quinze ans pour New York où elle survit en vendant des partitions. Elle est embauchée comme vendeuse de cigarettes au Birdland (voir clubs de jazz), où elle rencontre le pianiste canadien Paul Bley qu’elle épouse en 1957.
C’est en Californie que Carla écrit ses premières compositions (« Sing Me Softly of the Blues », « Ida Lupino »), qui éveillent la curiosité de son mari et d’autres musiciens, tels que Jimmy Giuffre, George Russell ou Art Farmer. De retour à New York au début des années soixante (après sa séparation avec Paul Bley), elle participe à l’éclosion du free jazz : à partir de 1964, elle joue avec le batteur Charles Moffett et le saxophoniste Pharoah Sanders, devient membre de la Jazz Composers’ Guild du trompettiste Bill Dixon avant d’accéder, avec son futur mari le trompettiste Michael Mantler, à la coprésidence de la Jazz Composers Orchestra Association (JCOA), qui se donne pour mission de venir en aide aux jeunes créateurs. En 1965, elle effectue ses premiers voyages en Allemagne, aux Pays-Bas ou en Italie, où elle participe à des enregistrements et à des concerts pour la radio et la télévision.
Il faut attendre la fin des années soixante pour que les talents de compositrice de Carla Bley, critiquée pour « les limites techniques de sa jeunesse, sa passion pour les juxtapositions de thèmes aux dépens de leur développement dans une grande forme unissante, certaines suites d’accords conventionnels ou des recours un peu faciles à des parallélismes harmoniques […] » (André Francis), parviennent à leur pleine maturité, comme en témoigne l’album A Genuine Tong Funeral (1967), suite commandée et enregistrée par le vibraphoniste Gary Burton. En 1969, elle arrange et compose certains titres du répertoire du Liberation Music Orchestra de Charlie Haden. L’album Escalator over the Hill (1972), auquel participent de nombreuses « personnalités » — Jack Bruce (ex-bassiste du groupe de rock Cream), Linda Ronstadt, le saxophoniste Gato Barbieri ou encore le guitariste John McLaughlin — et qui a nécessité quatre années de co-écriture avec le poète Paul Haines, la révèle aux yeux de la critique. En 1973, Carla Bley et son mari Michael Mantler créent leur propre maison de disques, Watt Record. En 1974, elle signe une œuvre pour Keith Jarrett intitulée 3 / 4, que le pianiste crée en mars de la même année à l’Alice Tully Hall de New York.
Entre 1974 et 1975, Carla Bley s’essaie au rock en tenant les claviers dans le Jack Bruce Band, puis dirige ses propres formations. En 1985, elle s’associe au Vienna Art Orchestra dont elle augmente les effectifs et change provisoirement le nom en Europamerican Big Band ; elle joue également régulièrement en duo avec le bassiste Steve Swallow (collaboration dont témoigne Are We There Yet ?, 2000). Carla Bley présente en outre une version enregistrée en public de son opéra-jazz Escalator over the Hill dans plusieurs festivals de jazz européens (dont Vienne en France) au cours de l’été 1998, et annonce (à nouveau) son intention de renoncer à son big band. En 2000 paraît 4 X 4, parfaite illustration de la permanente volonté de changement manifestée par Carla Bley, entourée pour l’occasion par Steve Swallow (basse et production) et six autres musiciens ; les compositions originales, parfois inspirées d’œuvres picturales, donnent à entendre une formation ambitieuse et rompue à l’éclectisme musical.
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