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Présentation ; Une brillante carrière souvent interrompue ; Un pianiste énigmatique ; Un répertoire diversifié
Benedetti Michelangeli, Arturo (1920-1995), pianiste italien.
Né à Brescia (Lombardie), Arturo Benedetti Michelangeli commence le piano et le violon à quatre ans mais, à la suite d’une maladie, se limite au piano. Il étudie à l’Institut musical Venturi de Brescia puis au conservatoire de Milan et travaille trois ans avec Giovanni Maria Anfossi. En 1939, il remporte le concours international de piano de Genève. Nommé professeur au conservatoire de Bologne, il entame une carrière internationale bientôt interrompue par la Seconde Guerre mondiale. Après la guerre, il reprend ses tournées qui le conduisent en Grande-Bretagne (1946) et aux États-Unis (1948). Mais la maladie l’empêche à nouveau de se produire entre 1952 à 1959. En 1964, il participe à la fondation de l’Académie de piano à Brescia, dont il demeure directeur jusqu’en 1969. Exilé en Suisse à partir de 1968 en raison de problèmes fiscaux, il donne en 1975 une série de concerts mémorables au Vatican, devant le pape Jean XXIII et 7 000 auditeurs, et prolonge cette tradition après son amnistie en jouant en présence de Jean-Paul II en 1987. Il donne son dernier récital en mai 1993.
Perfectionniste et intransigeant, il déclare : « Être pianiste ou musicien n’est pas une profession. C’est une philosophie, une conception de la vie qui ne peut être fondée sur de bonnes intentions ni un quelconque talent naturel ; avant tout, il doit y avoir un esprit de sacrifice inimaginable. ». Arturo Benedetti Michelangeli séduit par le caractère expressif de son jeu, sa technique éblouissante, en particulier sa maîtrise du contrepoint fondée sur un usage très modéré de la pédale forte (voir piano). Sa « minutieuse clarté », sa « limpidité toute minérale » sont servies par « une simplification extrême des sons et des phrasés » (Stéphane Villemin, les Grands pianistes, 1999). Sa manière de jouer, assis très droit face au clavier et les yeux mi-clos, est à l’image de son style, sobre et dénué de tout sentimentalisme. Cependant, ses problèmes de santé récurrents et ses sautes d’humeur perturbent sa carrière en le conduisant à de fréquentes annulations de concerts, qui contribuent à forger sa légende de pianiste énigmatique. Il tient lui-même sa vie privée secrète, vivant reclus, fuyant les journalistes ou brouillant les pistes avec des affabulations grotesques.
Arturo Benedetti Michelangeli a délivré des interprétations de référence de compositeurs aussi divers que Isaac Albéniz, Jean-Sébastien Bach, Johannes Brahms, César Franck, Baldassare Galuppi, Edvard Grieg, Franz Liszt, Sergueï Rachmaninov, Domenico Scarlatti, Franz Schubert, Robert Schumann et Antonio Vivaldi. En outre, parmi ses œuvres fétiches figurent des compositions appartenant aux répertoires classique et romantique comme le Concerto n° 5 de Ludwig van Beethoven (objet d’au moins une dizaine d’enregistrements différents en vingt-sept ans de carrière), le Concerto K. 466. de Wolfgang Amadeus Mozart, la Sonate opus 35 de Frédéric Chopin et le Concerto en ré majeur de Franz Joseph Haydn. Arturo Benedetti Michelangeli est également, et surtout, l’un des interprètes les plus inspirés et les plus respectés de la musique française du début du xxe siècle. Il a été qualifié à ce titre d’authentique « impressionniste ». Sa pureté sonore, son jeu transparent et limpide font merveille dans Gaspard de la nuit de Maurice Ravel ou les Préludes de Claude Debussy.
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