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Juan-les-Pins, festival de

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Présentation

Juan-les-Pins, festival de, première manifestation annuelle de musique jazz créée en Europe, en 1960, à Juan-les-Pins dans le sud-est de la France.

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Naissance du premier festival européen de jazz

La Côte d’Azur (ou French Riviera en anglais) devient une destination touristique réputée dès les années vingt ; en 1951, Sidney Bechet se marie et compose « Dans les rues d’Antibes », qui obtient un immense succès. C’est dans ce contexte favorable que le premier festival européen de jazz est créé, en 1960, par la ville d’Antibes-Juan-les-Pins, sous la direction artistique de Jacques Souplet et de Jacques Hebey. Cette manifestation culturelle d’un type nouveau s’affirme rapidement comme un lieu de rencontres — estivales (le festival a lieu au mois de juillet) — privilégié entre amateurs enthousiastes et musiciens de tous pays, témoin idéal de l’évolution du jazz.

Dès la première année, les organisateurs démontrent une totale pertinence dans leurs choix artistiques, l’hommage rendu à l’œuvre de Sidney Bechet (inauguration de son buste) côtoyant la prestation tumultueuse du quintette de Charles Mingus, aux côtés d’Eric Dolphy. Depuis lors, aucune fausse note n’est à signaler dans la programmation du festival. C’est ainsi que l’année suivante, l’ORTF patronne officiellement le festival et Jean-Christophe Averty filme tous les concerts, parmi lesquels l’orchestre de Count Basie ou de Ray Charles et ses Raelets. Désormais inévitable, le festival de Juan-les-Pins — « Juan » comme le surnomment les amateurs éclairés — s’inscrit dans un climat inédit d’émulation jazzistique de tous les instants : des clubs de jazz apparaissent, tandis que les jam-sessions — réunions improvisées de musiciens autour de thèmes et de standards appartenant au « répertoire » — se succèdent.

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Les années de gloire d’une manifestation à l’aura internationale

En 1962, Dizzy Gillespie, Jimmy Smith et Fats Domino sont les têtes d’affiche, tandis que l’édition suivante place en vedette Miles Davis, qui présente alors son tout nouveau quintette, Bill Dogget et Sarah Vaughan. La période 1964-1967 est, sans aucun doute, la plus riche que le festival ait connue  — tant du point de vue de la notoriété des artistes présents que de la qualité de leurs performances respectives — : se succèdent en effet sur scène Ella Fitzgerald, l’orchestre de Lionel Hampton, le Martial Solal trio, Horace Silver, les Double Six et le groupe sud-africain Blue Notes de Chris McGregor en 1964 ; John Coltrane et sa version (controversée) de « A Love Supreme », le Woody Herman Big Band et Nina Simone en 1965 ; l’orchestre de Duke Ellington, le quartette de Charles Lloyd avec Keith Jarrett notamment, Wes Montgomery, le trio HLP (composé de Daniel Humair, Eddy Louiss et Jean-Luc Ponty) en 1966 ; puis Louis Armstrong et Dave Brubeck en 1967.

Le succès remporté par le festival de Juan-les-Pins suscite inévitablement des vocations, et, en 1967 se tient le premier festival de Montreux, bientôt suivi par les festivals de Chateauvallon et de Nice, et d’autres encore en Europe. La fin des années soixante est également marquée par l’apparition à Juan-les-Pins de musiciens — parmi lesquels Pharoah Sanders ou Archie Shepp — pratiquant un jazz soucieux de se libérer de toute contrainte mélodique ou harmonique, le free-jazz. Parallèlement, se développe à travers le monde occidental un courant de contestation politique dont le festival se fait l’écho culturel. Puis « Juan » connaît, à l’instar du jazz dans son ensemble, un déclin relatif en 1971 et 1972, avant que Miles Davis ne parvienne, en 1973, à illuminer, grâce à ses innovations électriques préfigurant le jazz-rock (jazz), une scène musicale qui éprouve des difficultés à retrouver ses marques et sa stabilité après la déferlante libertaire inaugurée par Charles Mingus en 1960.

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L’évolution du festival de Juan-les-Pins vers un « œcuménisme musical »

Depuis le début des années quatre-vingt, « Juan » reflète parfaitement l’évolution du monde musical vers une fusion des genres et des artistes, tendance « lourde » en partie dictée par des impératifs commerciaux désormais prédominants ; les musiques brésilienne et cubaine font ainsi leur apparition au sein d’une programmation qui accorde également une place (nouvelle) aux artistes de variétés. Privilégiant cependant les valeurs confirmées de toutes les tendances du jazz, le festival de Juan-les-Pins demeure une manifestation de référence, îlot de créativité, de prise de risques et de cohérence parmi les quelque 800 festivals recensés à travers le monde chaque année.

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